Full text : L' arbitrage international chez les Hellenes

A.  RÆDER

sous  sa  surveillance  une  ville  sur  la  liste  de  celles  dont  les  parties
auraient  convenu  d’avance  ;  la  ville  tirée  fonctionnerait  alors  comme
juge  \  D’un  autre  côté  nous  voyons  que  le  traité  entre  Téos  et  Lébédos
au  sujet  d’un  arbitrage  possible  détermine  Mitylène  comme  arbitre 2 .
Nous  ne  connaissons  aucun  exemple  de  ce  qu’un  état  hellénique
ait  répondu  négativement  lorsque  deux  autres  étaient  tombés  d’accord ­
  pour  le  prier  de  fonctionner  comme  tribunal  d’arbitrage  ou  de
nommer  des  arbitres.  Du  reste,  en  tout  nous  ne  connaissons  qu’un
exemple  d’un  semblable  refus,  c’est  celui  qu’opposa  Scipion-Emilien
comme  nous  l’avons  dit  plus  haut 3 .
On  a  très  certainement  considéré  comme  une  mission  d’honneur
et  de  confiance  de  semblables  propositions,  de  même  que  c’était  un
service  d’amitié  à  rendre,  à  l’occasion,  aux  parties  :  c’est  pourquoi  il
eût  été  considéré  comme  incorrect  de  s’y  refuser.
On  voit  qu’en  règle  générale  on  s’adressait  à  des  états  avec  lesquels ­
  les  parties  entretenaient  des  relations  particulières  d’amitié  ;
il  est  habituel  que  l’on  appuie  sa  demande  en  invoquant  les  relations
de  parenté  et  d’amitié  entre  les  états.  C’est  ainsi  qu’on  insiste  sur
les  relations  amicales  existant  entre  Larisse  et  Akraiphée  et  ses  adversaires ­
  4  ;  de  même  on  insiste  sur  les  relations  semblables  qui
existaient  depuis  très  longtemps  entre  Magnésie  et  les  villes  crétoises,
parmi  lesquelles  les  deux  parties  en  lutte,  Itane  et  Hiérapytna 5 .
A  côté  de  cela  d’autres  considérations  entraient  aussi  en  ligne  de
compte  pour  le  choix  d’un  tribunal  d’arbitrage.  C’était  une  affaire
d’honneur  que  la  ville  choisie  non  seulement  jouît  d’une  considération ­
  générale  mais  aussi  qu’elle  ne  fût  pas  d’une  puissance  trop
inférieure  à  celle  des  états  entre  lesquels  elle  devait  juger..  Nous
avons  vu  comment  les  Spartiates  se  refusèrent  à  un  arbitrage  avec
Mégare  comme  juge 6  ;  ils  trouvaient  cette  ville  trop  peu  importante.
Lorsque  Athènes  et  Mégare  étaient  encore  sur  un  certain  pied
d’égalité  et  se  disputaient  Salamine,  elles  prirent  Sparte  comme

1  n°  LXXX.  -  2  n°  XXX,  -  3  n°  LVII.  -  4  LXX.  -  5  LXXIV.  -  6  n°  XVIII.
            
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