Full text : L' arbitrage international chez les Hellenes

A.  RÆDER

une  décision  d’Alexandre  le  Grand,  mais  le  texte  est  si  dégradé  dans
l’inscription  dont  il  s’agit  que  l’on  n’en  peut  conclure  s’il  s’agissait
là  vraiment  d’un  arbitrage  de  la  part  d’Alexandre,  comme  Bérard  le
croit. 1  II  est  difficile  aussi  de  savoir  si  le  roi  Antigone,  à  l’époque
où  il  dominait  l’Asie  Mineure,  a  rendu  l’un  ou  l’autre  jugement
dans  le  même  différend. 2
1.  Vers  l’an  283  Samos  et  Priène  prirent  le  roi  Lysimaque  comme
arbitre  dans  le  différend  au  sujet  des  deux  districts  de  Batinétis  et
Dryussa.  On  a  conservé  un  fragment  d’une  lettre  que  Lysimaque
écrivait  à  cette  occasion  au  Conseil  et  au  Peuple  des  Samiens. 3
Il  ressort  de  cette  lettre  qu’il  a  jugé  deux  fois  dans  la  même  affaire. ­
  Il  récapitule  brièvement  l’histoire  du  différend  en  rapportant
les  prétentions  des  parties.  Malheureusement  il  manque  la  fin  de
cette  lettre  qui  doit  avoir  contenu  la  fin  de  cet  exposé  ainsi  que  le
jugement  du  roi.  Celui-ci  doit  avoir  été  basé  sur  la  reconnaissance
des  droits  de  Samos  sur  le  district  de  Batinétis  ;  par  contre,  il  semble
que  Dryussa  avec  la  forteresse  carienne  fut  reconnue  à  Priène.  Priène
paraît  avoir  été  tout  à  fait  satisfaite  de  ce  jugement;  elle  abandonna
notamment  à  partir  de  cette  époque  toute  réclamation  au  sujet  de
Batinétis,  car  sans  cela  on  en  aurait  trouvé  trace  dans  les  arbitrages
suivants  ;  les  Samiens  par  contre  n’étaient  pas  du  tout  satisfaits,  car
plus  tard,  ils  renouvelèrent  leurs  prétentions  sur  Dryussa  et  Carion.
Ils  s’adressèrent  à  ce  sujet,  plusieurs  fois,  aux  diverses  puissances  qui
se  succédèrent  dans  leur  contrée,  mais  d’ailleurs  sans  aucun  résultat
favorable  ;  ce  fut  le  cas  avec  Antiochus  Theos  vers  250,  un  peu  plus
tard  avec  le  légat  ptoléméien  Simon  et  avec  un  dynaste  Antiochus
proche  du  roi  Ptolémée,  et  enfin  avec  le  roi  Antiochus.  Là  aussi  il
est  difficile  de  savoir  jusqu’à  quel  point  il  y  avait  là  des  décisions
arbitrales  valables  reposant  sur  la  mission  de  trancher  l’affaire,
1  1.  c.,  p.  64.  —  2  Bérard  1.  c.  64,  estime  que  Philippe  Arrhidaios  et  Antigone
ont  tous  deux  fonctionné  comme  arbitres.  —  3  Corp.  inscr.  gr.  n°  2254.  Wilamovitz.
  S.  B.  d.  Berl.  Akad.  1906,  p.  39  et  ss.  H.  v.  Gaertringen.  Ins.  v.  Priène,
p.  209  n°  500.
            
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