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L ALLEMAGNE ÉCONOMIQUE.
prospérer l’industrie française, sa manière de voir et
de faire n’en différait pas moins essentiellement de
celle de ses prédécesseurs, en ce qu’il portait son at
tention sur l’industrie tout entière, considérée dans
son ensemble, et ne se guidait pas de préférence par
les intérêts de possesseurs d’établissements indus
triels. Mais corn me ces derniers continuaientàavoir la
majorité tant au Corps législatif que dans les cham
bres de commerce, ses efforts tendirent à convertir
cette majorité, ou à la tourner, sans engager avec
elle une lutte ouverte. Ne s’était-il pas d’ailleurs,
dans la constitution de janvier 1852, attribué le
droit de faire à lui seul les traités de paix, d’alliance
et de commerce? Et le sénatus-consulte du 25-
30 décembre de la même année n’avait-il pas, dans
son article 3, imprimé force de loi aux traités de
commerce faits en vertu de cette constitution, pour
les modifications de tarif qui y seraient stipulées? Ce
furent des événements accomplis dansla Grande-Hre-
tagne qui procurèrent tout d’abord à la politique im
périale l’occasion de s’affirmer dans le sens indiqué.
On sait que pendant des siècles l’esprit le moins
libéral avait présidé à la législation anglaise relative
à la navigation et aux douanes, et que jusqu’en 1824
l’Angleterre avait maintenu vis-à-vis de tous les na
vigateurs européens indistinctement des dispositions
toujours bonnes à rappeler Seuls les poissons pê
chés par les Anglais pouvaient être importés, et
encore ne pouvaient-ils l’être que sur des navires