Object: Die Theorie der Volkswirtschaft

•i. 
346 EN AFRIQUE. — LA QUESTION DU NIL ET DU NIGER. 
repousser l’ingérence étrangère. Ils étaient soutenus par la 
grande masse de la population, exaltée contre les Euro 
péens par quelques musulmans fanatiques, par les grands 
négociants qui s’enrichissaient, plus ou moins secrètement, 
du commerce des esclaves. Toutes ces colères grandissaient, 
s’excitaient les unes par les autres, éclataient en violentes 
métaphores : « Le lion britannique, le vieux lion, a de fiers 
appétits, s’écriait un vénéré pèlerin de La Mecque. Toujours 
en quête de proie, il n’est jamais repu. Que va-t-il dévorer 
désormais ? Ses griffes d’acier entament profondément les 
chairs, mais sans donner la mort. Ses victimes sont con 
damnées à vivre. Il faut qu’il puisse les teter à son aise, les 
saigner à petits coups, les boire à petites gorgées, leur 
sucer peu à peu la cervelle et les moelles. Mais quelle vie ! 
Mieux vaudrait mourir ! Ainsi traînent une existence misé 
rable nos frères des Indes, du pays de l’eau de rose. Ainsi 
sont voués à la consomption les croyants de Chypre. Ainsi 
la pauvre Egypte sera mangée et bue !... Mais non I Levons- 
nous tous, nous les serviteurs de Dieu ! L’Égypte est aux 
Égyptiens ! » ’. 
Au mois de janvier 1881, un colonel Circassian ayant été 
nommé à la place d’un arabe au commandement d’un régi 
ment de cavalerie, un grand nombre de militaires deman 
dèrent au président du Conseil, Riaz-pacha, la révocation 
de cette mesure et la destitution du ministre de la guerre, 
un Circassian aussi, Osman-pacha. Trois colonels furent 
arrêtés. Toute la garnison du Caire parut vouloir se sou 
lever pour les délivrer. Tewfik effrayé remplaça Osman- 
pacha par un arabe. Mahmoud-pacha, remit les trois colo 
nels arrêtés à la tête de leurs régiments, fit augmenter 
la solde des officiers en disponibilité. Les officiers patriotes 
en furent encouragés dans leurs prétentions. 
Le 9 septembre suivant, une insurrection éclata. 4.000 
hommes, conduits par le colonel Arabi-bey, entourèrent le 
palais du khédive, obtinrent par menaces le renvoi du 
ministère Riaz-pacha, et son remplacement par Chérif- 
pacha. Une assemblée de notables, aussitôt réunie, déclara 
que le vote de toutes les lois de finances devait lui appar 
tenir : ce qui annulait les attributions des contrôleurs euro 
péens. Chérif-pacha n’osa pas appuyer toutes les exigences 
• du parti national. 
1. HenneLert, Les Angla s en Ég'jple, p. 27.
	        
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