398 LA HONGRIE
sont admises autour de la table ronde sur un pied d’égalité absolue avec
l’homme ; elles y passent quelques heures, l’après-midi, absorbées dans
la lecture des journaux, pour se mettre au courant des polémiques du
jour.
Le nombre des feuilles quotidiennes ainsi que le nombre des clubs
montrent le développement toujours croissant de la vie politique en Hon
grie. Il se publie à Pest une vingtaine de grands journaux quotidiens et
plus de trois cents périodiques.
La presse hongroise compte dans ses rangs des écrivains d’une haute
valeur, d’une originalité puissante, d’une verve intarissable. Il me suffira de
nommer le baron Ivor Kaas, M. Cornel Abranyi, M. Charles Eótvós,
M. le député Csavolszky, rédacteur en chef de YEgyetértés; M. le député
Urvary, rédacteur en chef du Pesti Naplo; M. Pazmandy, directeur de la
Gazette de Hongrie, qui écrit avec la même élégance le français que le
hongrois, et qui sait faire aimer la France en Hongrie et la Hongrie en
France; M. Jean Asboth, le comte Alexandre Hégédus, les deux Gyœrgy,
M. Joseph Prém, le brillant chroniqueur du PestiNaplo, M. Yerhovay, etc.
M. Adolphe Agay a assez d esprit pour rédiger presque à lui seul le
Borsszem Janko (Jean Grain de Poivre). Le premier des romanciers hon
grois, M. le député Maurice Jokaï, publie également à côté d’un grand
journal quotidien, le Nenizet (la Nation), une petite feuille satirique dans
le genre du Charivari et du Punch.
Un jeune collaborateur du Pesther Lloyd, M. Schwartz, a donné l’année
dernière des traductions fort appréciées des romanciers français de la nou
velle école. Un rédacteur de la même feuille, un certain petit juif allemand
intrigant, qui a sans doute magyar!sé son nom originel de Neumann en
celui de Néményi, a aussi essayé, mais sans succès, de se tailler un nom
dans la littérature française. La chose n’était cependant point difficile,
M. Néményi s’étant jeté sur les morts pour les dépouiller de la façon la
plus Israélite possible. Mais même en fouillant les poches de Rabelais et
de Voltaire, et en s’y mettant à deux, — le faux Néményi et le vrai Neu
mann , — le malheureux juivron n’a pu ramasser de quoi se payer un
sou de gloire et sortir de sa cruelle et mélancolique obscurité.
Le Pesther Lloyd se publie en allemand, sous la direction d’un écrivain
distingué, M. le député Falk. Un autre grand journal allemand très-
répandu, le Neues-Pesthcr Journal, a pour rédacteur un des plus habiles
journalistes hongrois, M. Brodszky Lajos.
Le goût des revues, du genre de la Revue des Deux Mondes et de la
Revue scientifique et littéraire, se répand de plus en plus. La Magyar