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LE PÉBOU ÉCONOMIQUE
elles-mêmes ; cette mante est retenue sous le cou par une
grosse épingle d’argent, affectant plus particulièrement
la forme d’une cuillère.
L’Indien de la Sierra forme une race extrêmement pro
lifique; on est toujours surpris du nombre de mamans que
l’on rencontre dans les plus petits villages. En outre les
Quechuas ont conservé le respect des vieillards, et ils
entourent de soins leurs malades femmes et enfants.
L’Indien quechua de pure race est de caractère doux et
pacifique, des plus soumis à toutes les autorités et en
même temps aussi honnête qu’il est sale et indolent. Ces
indigènes, plutôt sympathiques, vivent dans un état de
misère matérielle et morale des plus profondes ; ils sont
d’humeur taciturne et leur visage semble refléter une incu
rable tristesse.
Au moral, bons, serviables et doux entre eux, ils se
battent parfois lorsqu’ils sont sous l’influence de l’alcool,
mais sans que ces combats entraînent mort d’homme; les
crimes commis par les indigènes sont rares.
Lorsqu’un Indien part en voyage, tout le village l’ac
compagne jusqu’à une certaine distance ; c’est l’occasion
de libations sans nombre, ce qui est la raison d’être de
toutes les réunions péruviennes ; mais dans cette mani
festation, il existe quand même une preuve d’affection.
Traités comme des bêtes de somme et courbés sous le
joug d’une servitude abjecte durant toute la durée de la
colonisation, les Quechuas virent leur sort s’améliorer
quelque peu après que le Pérou eût conquis son indépen
dance. Depuis cette époque, le terrible impôt de la mita.,
ou travail obligatoire dans les mines qui fit mourir des
millions d’indiens, est aboli, ainsi que celui des réparti
tions (repartimientos) ou achat obligatoire des principaux
objets de consommation. Cependant, malgré les lois édic-