Full text: Oeuvres complètes

CHAP. 111. 
- DU PROFIT FONCIER DES MINES. Îi9 
Il suffira de remarquer que la même règle générale qui détermine 
la valeur des produits agricoles et des objets manufacturés, s’appli 
que également aux métaux. Leur valeur ne dépend ni du taux des 
rotits, ni de celui des salaires, ni de la rente des mines, mais de la 
quantité totale de travail nécessaire à l’extraction du métal et à son 
transport. 
Comme celle de toute autre marchandise, la valeur des métaux 
éprouve des variations. Il peut se faire dans les instruments et dans 
les machines consacrées à l’exploitation des mines, des améliorations 
au moyen desquelles il y ait une grande diminution de travail ; on 
peut découvrir de nouvelles mines plus productives, qui, avec le 
même travail, donnent plus de métal, ou bien on peut rendre les 
transports plus faciles. Dans tous les cas, les métaux baisseraient 
de valeur, et ne s’échangeraient plus que contre une moindre (pian- 
tité d’autres articles. Au contraire, si la difficulté d’obtenir le mé 
tal devenait plus grande par la nécessité d’exploiter la mine à une 
plus grande profondeur, par l’affluence des eaux ou partout autre 
accident, sa valeur, par rapport à celles des autres objets, pourrait 
hausser de beaucoup. 
C est donc avec raison que l’on a dit que les monnaies d’or et 
d argent, avec quelque scrupuleuse exactitude qu elles soient fabri 
quées d’après le type national, sont toujours sujettes à des variations 
de valeur non-seulement accidentelles et passagères, mais même per 
manentes, comme toute autre marchandise. 
La découverte de l’Amérique, et celle des riches mines qu’elle 
renferme, produisit un effet remarquable sur le prix naturel des mé 
taux précieux. 11 y a des personnes qui croient que cet effet sc pro 
longe encore. Il est cependant probable que toute l’inlluence produite 
par la découverte de l’Amérique sur la valeur des métaux a cessé de 
puis longtemps; et si, depuis quelques années, les métaux précieux 
ont éprouvé quelque déchet dans leur valeur, on ne doit l’attribuer 
qu’aux progrès qu’on a faits dans l’exploitation des mines *. 
» priétaire et l’entrepreneur trouvent tous deux qu’ils pourront se faire, i’un une 
" plus forte rente, l’autre un plus gros profit en vendant à un prix un peu infé- 
» rieur à celui de leurs voisins. » — Nous avons jugé ces diverses opinions dans 
notre Introduction. — A. F. 
* Si la quantité de travail industriel nécessaire pour se procurer les métaux 
précieux déterminait seule leur valeur, cette valeur, au lieu de décroître comme 
elle a fait depuis deux cents ans, se serait accrue; car ces frais d’extraction ont
	        
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