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il est le maître du terrain. Mais on conçoit que, sur ce
point plus que sur aucun autre, le détaillant isolé n’est
rien, C’est le groupement solidement uni qui est tout.
«L'enjeu de cette lutte est d'importance : le consom-
» mateur rivé au fabricant, c’est le commerce sous la
s tutelle de l’industrie ; au contraire, l’industrie est do-
» minée par le commerce si le consommateur est dans la
> main du négociant. » !
Le seul moyen, pour le commerce et l’industrie, de
sortir de cet état de guerre sourde si nuisible aux deux
parties, c’est de collaborer loyalement. « Les caractéristi-
> ques de cette coopération seront les suivantes :
«1. Le fabricant, comprenant qu’il ne saurait se pas-
ser du concours actif des intermédiaires ou que, du
» moins, il doit mettre à profit l’existence de ces inter-
> médiaires, se fera une loi de leur accorder une remise
» suffisante sur le prix fort de ses produits ;
» 2. Au lieu de faire une publicité qui soit dirigée con-
> tre le détaillant, il associera le détaillant au bénéfice
» de la publicité qu’il entreprendra et qui sera à la fois
une publicité pour ses produits et pour les détaillants
» qui tiennent ces produits ;
> 3. D'une manière plus générale, il aidera le détail-
*lant en lui fournissant le moyen de développer ses
> affaires par des conseils, par des documents et des
» instruments de publicité, et par un outillage de vente
ou un matériel d'organisation mis à sa disposition,
» soit gratuitement, soit à un prix avantageux. ?
employé par les fabricants pour s’attacher les consomma-
teurs aux dépens du commerce de détail. Ajoutons que, du
côté des détaillants, l’« Union» a lancé avec succès sa mar-
que « USEGO », connue déjà très avantageusement dans !a
Suisse entière.
* Cette phrase est d’Elvinger (cité par -Anoé
p. 71).
? Angé, op. cit, p. 74.