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CH. XXIl. — DE L’IMPODTATION ET DE L’EXPORTATION. 289 
résulte une distribution nuisible du capital national ; c’est un leurre 
qui séduit le manulacturier , et qui l’engage à commencer ou à con 
tinuer un genre de commerce comparativement moins profitable. 
C’est le plus mauvais des impôts ; car il ne rend pas aux étrangers 
tout ce qu’il ôte aux nationaux, la balance en perte étant supportée 
par une distribution moins avantageuse du capital national. Si, par 
exemple, le prix du blé en Angleterre était de 4 1. st., tandis qu’il 
serait en France de 3 1. 15 sb., une prime de 10 sh. finirait par le ré 
duire eu France à 3 1. 10 sb. en le maintenant en Angleterre au prix 
de 4 1. L’Angleterre paierait un impôt de 10 sh. sur chaque quarter 
de blé qu elle exporterait, et la France ne gagnerait que 5 sb. sur 
chaque quarter qu elle importerait d’Angleterre. Voilà donc une va 
leur de 5 sb. par quarter absolument perdue pour la société, eu rai 
son d’une mauvaise distribution de son capital, qui tend à diminuer 
la masse totale, non pas probablement du blé, mais bien de quelque 
autre objet de nécessité ou d’agrément. 
M. Buchanan parait avoir senti le vice du raisonnement du docteur 
Smith, au sujet des primes, et il fait sur le dernier passage de cet au 
teur, que j’ai cité plus haut, des réllexions très-judicieuses. « En sou- 
" f^want, dit M. Buchanan, que la nature a conféré au blé une valeur 
" réelle que les simples variations de son prix en argent ne sauraient 
" lî^lï'ii varier, le docteur Smith confond la valeur d’utilité avec la 
" valeur échangeable du blé. Lu boisseau de blé ne peut pas nourrir 
« plus de monde pendant la disette que pendant les époques d’aljon- 
« dance ; mais un boisseau de blé s’échangera eontre une plus grande 
« quantité d’objets de luxe ou d’utilité, quand il est rare, que lors- 
» qu’il est abondant; et les propriétaires fonciers, qui ont un surplus 
» de subsistances à leur disposition, deviendront par conséquent plus 
« riches dans des temps de disette, et ils échangeront ce surplus contre 
“ une plus grande somme de jouissances. C’est donc à tort que l’on 
" prétend que si la prime occasionne une exportation forcée de blé 
« elle ne produira pas de môme une hausse réelle de sou prix. « L’en 
semble du raisonnement de M. Buchanan, sur cet effet particulier des 
primes, me parait parfaitement clair et concluant. 
Cependant M. Buchanan, pas plus que le docteur Smith et l’auteur 
de 1 article de la Revue d’Édimbourg, ne me paraissent avoir des idées 
exactes sur l’inlluence que le renchérissement de la main-d’œuvre 
doit avoir sur les objets manufacturés. D’après la manière de voir 
qui lui est particulière, et que j’ai déjà rapportée ailleurs, M. Bucha 
nan pense que le prix du travail n’a aucun rapport avec le prix du 
{OEuv. de Ricardo.) 19
	        
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