LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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sables, est dû à une infiltration particulière des eaux de
mer à travers la roche poreuse qui forme le sol. On peut
dire avec raison que la nature a établi là une fabrique de
sel qui travaille jour et nuit, et à laquelle l’Océan fournit
constamment, gratis, la matière première. Les salines de
Puite (Moquegua) contiennent des sels chimiquement purs,
celles de San-Blas, dans la province deCerrodePasco, don
nent 97 p. 100 de chlorure de sodium.
Dans le département de Amazonas, il y a des dépôts
salins à proximité du Rio Uramarca et sur divers autres
points. Dans celui de Loreto, il y a plusieurs dépôts im
portants près de Tacach et de Pelluana; sur les bords du
torrentueux Huallaga et de quelques-uns de ses affluents,
on trouve des collines (cerros) de sel qui attendent pa
tiemment que des embarcations viennent les recueillir.
Le sel est, au Pérou, monopole d’État. Dans le but de
racheter au plus tôt les provinces de Tacna et d’Arica,
détenues en gage par le Chili, le gouvernement péruvien
édicta en 1896 une loi par laquelle le sel destiné à l’ali
mentation domestique était imposé de cinq centavos par
kilo, celui destiné à l’industrie subissant aussi un impôt
de un centavo; par la même loi, le gouvernement, se ré
servant à lui seul l’exploitation du sel, a passé la main à
une compagnie nationale de perception du sel.
La consommation moyenne de cette substance est de
5.500.000 kilospourusage domestique, et de 3.500.000kilos
pour usage industriel. La plus-value laissée par ce mono
pole s’élève entre 35 et 40.000 soles, et sert de garantie
à un emprunt de 600.000 livres contracté a Berlin.
XX. — On ignore généralement qu’il existe au Pérou
de grandes raffineries de pétrole, et que ce produit y est
meilleur marché et de meilleure qualité que celui qui s’im
porte des États-Unis. Depuis longtemps, on connaît au