fullscreen: Le secours de chômage en Belgique pendant l'occupation Allemande

102 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE 
laconique suivante : « J’ai appris que le Comité National a l’intention 
de créer des cours pour les chômeurs indigents et que les cours en 
préparation pour l’ensemble du territoire du Gouvernement général 
ont déjà commencé dans certains endroits. Comme cette activité 
dépasse le cadre des missions qui incombent au Comité et que je ne 
puis admettre que l’assistance à ces cours soit aux conditions de la 
délivrance de secours, j'ai donné l’ordre aux Gouverneurs militaires 
et de forteresse de fermer les cours existants et d’empêcher l’ouver- 
ture de cours nouveaux ». 
Aussi, à la séance du Comité National du 2 décembre, après avoir 
rappelé le projet et son but, le Président disait : « Ce projet, pour 
des raisons indépendantes du Comité, doit être définitivement aban- 
donné. Commeil nous était revenu que certains organismes avaient 
eru devoir prendre des mesures en ce qui concernait de semblables 
cours, nous avions pris soin d’attirer l’attention de nos Comités à la 
réunion des Délégués du 23 septembre sur ce que l’organisation de 
ces cours ne pouvait résulter que d’une initiative privée, indépen- 
dante du Comité National. Nous croyons devoir répéter aujourd’hui 
qu’aucun de nos Comités ne peut organiser soit des cours, des confé- 
rences, causeries, etc... à l’usage des sans-travail. Nos Comités ne 
peuvent non plus intervenir, soit directement, soit indirectement, 
dans semblables cours qui existeraient actuellement ou qui seraient 
créés ultérieurement à l’initiative d’administrations communales ou 
d’autres organismes ». 
C’est ainsi que se termina, pour le Comité National, sa tentative 
d’enseignement généralisé pour chômeurs, une idée noble et généreuse 
s’il en fût. Mais il ne faudrait pas croire que ces efforts ont été entiè- 
rement perdus. Dans la société, comme dans la nature, rien ne se 
perd, le bien pas plus que le mal. Des communes, qui avaient pris 
les devants n’ont pas fermé leurs écoles d’adultes ou professionnelles. 
Celles-ci ont eu un succès éclatant (1). Dans plus d’une localité, des 
cours improvisés pour chômeurs ont subsisté et ont été le point de 
départ d’institutions plus durables. C’était le résultat évident d’une 
propagande, arrêtée avant d’avoir pris tout son essor, mais qui était 
trop juste et trop rationnelle pour échouer tout à fait. 
(1) Voir le Rapport du -Comité de la Province de Liége au 31 décembre 1915 
page 171.
	        
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