L'ENSEIGNEMENT POUR CHOMEURS q
chômeurs. Elle avait limité l’âge d’admission maximum à 30 ans,
et constaté qu’il y avait plus de 10.000 chômeurs de 14 à 30 ans;
70 à 75 pour cent de ces chômeurs avaient fourni des réponses favorables
et précises au questionnaire qui leur avait été remis.
Le Comité avait déjà commencé l’agrégation des écoles existantes.
Les écoles d’enseignement général, officielles et libres, avaient répondu
à l’appel qui leur avait été adressé. On prévoyait la nécessité d’institutions
nouvelles, dont l’agrégation était préparée.
Nous relisons un passage d’un rapport que nous présentions au
Comité d’arrondissement de Liége, et qui indique bien dans quel
esprit on accueillit le projet du Comité National : «Le problème
d’enseignement qui se pose ici est un des problèmes les plus intéressants
: pour la première fois, et par une occasion unique, on se trouve
en face de la population laborieuse presque tout entière, non plus
celle de l’avenir, mais celle qui est au travail, et il s’agit de reconnaître
ses besoins intellectuels les plus urgents et d’y satisfaire. Questions
de personnel, questions de programmes, questions de technique de
l’enseignement, tout se présente ici avec un intérêt pratique qui n’a
jamais été égalé. En outre, comme on a également affaire aux enfants
de 14 ans, qui sortent de l’école primaire, on peut agir sur le choix des
métiers, c’est-à-dire sur la répartition professionnelle de la population.
J’aperçois des hommes d’expérience et de science, des hommes d’affaires
et des hommes d’œuvres qui serutent toute l’importance de la
tâche qui nous est impartie et consacreront leurs efforts à la remplir ».
On peut dire que ces dispositions étaient générales dans tout le
pays. Déjà un grand nombre de communes avaient institué les cours.
Une classe nouvelle de collaborateurs, les membres de l’enseignement,
venait apporter son concours au Comité et grossissait ainsi son
influence et grandissait son œuvre.
Dès le milieu du mois d’août, le Comité National était informé
que l'administration allemande s’opposait à l’exécution du projet.
Des démarches étaient tentées pour la faire revenir sur sa décision.
Les ministres protecteurs étaient intervenus. On avait supprimé du
règlement la disposition sanctionnant la non-fréquentation des
cours par le retrait des secours, mais la décision fut maintenue. Un
avis, parvenu aux Comités provinciaux à la fin d’août les priait de
surseoir à toute mesure d’exécution.
D’après le rapport général du Comité « tant qu’il ne s’agissait que
d’un projet, exposé par MM. Solvay et Francqui, le Gouvernement
général avait approuvé. Mais lorsque ce projet entra dans la voie de
la réalisation, il n’approuva plus ».
Le 23 novembre, le Comité reçut du Gouvernement général la lettre
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