Full text: L'Impôt foncier et la captation personelle sous le Bas-Empire et à l'époque franque

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L’IMPOT FONCIER ET LA CAPITATION PERSONNELLE 
franque*. Mais ces lots, ces « manses », comme on dira plus tard?, 
sont réputés donner chacun un revenu identique. Leur étendue 
moyenne est d’une « charruée® ». Chaque lot constitue, en consé- 
quence, une unité économique strictement comparable aux autres. 
Par suite, la contributiou fiscale, tant personnelle (pour le tenan- 
cier) que réelle (pour le propriétaire), peut être fixée à un chiffre 
identique pour toutes ces tenures. 
Juga et capita sont donc également des parcelles-types, des « char- 
ruées », les unes taillées idéalement sur la réserve seigneuriales, les 
autres constituées effectivement par les lots, les tenures des colons. 
Il paraît évident que les juga s’entendaient de la réserve, par 
suite les capita des tenures*. En effet les régions qui ne connaissent 
pas le colonat, tel le diocèse d’Orient (Egypte et Syrie)* ne con- 
naissent pas la division du domaine en deux portions; par suite, si 
elles ont des juga, elles n’ont pas de capita®. Une des acceptions de 
ce terme à sens multiple, « partie d’un tout’ », s'applique bien à ces 
parcelles-types, taillées sur le grand domaine. Le caput du Bas- 
Empire apparaît donc comme le prototype direct du « manse » de 
l’époque franqué®. 
1. Voy. les relevés d’Halphen, op. cit, p. 263, notes 1 et 2. CF. Bibl. de l’École 
des chartes, 1924, p. 63-65. 
2. Ce terme se rencontre dès l’époque Mérovingienne, quoiqu’en ait dit J. Ha- 
vet, comme l’a montré Guilhiermoz (Bibl. École de chartes, 1913, p. 309, note 2), 
[Il remonte sans doute à l’époque romaine. Il a des équivalents, colonica, casata, 
factum en France ; sors, conduma en Italie et dans le Midi de la Gaule. 
3. Voy. Revue fust. de droit, 1925, p. 13, 19, 21. 
4. Piganiol (p. 12, 27, 38, 44) a déjà vu qué les juga correspondaient à lindo- 
minicatum, les capita aux manses de l’époque franque. Il a donc tenu en mains la 
solution du problème, mais il l’a laissé échapper en se persuadant que, dans une 
même circonscription, il ne pouvait exister plus de capita que de juga ; sur cette 
fausse remarque il a construit une théorie, à notre avis, chimérique. — A Pépo- 
que des Comnènes le colon est appelé d’un terme significatif : rdporxos Ceuyvapatos 
(ibid, p. 23). 
5. L’Égypte n’a pas de vrais colons. 
6. Cf. plus haut, p. 34, note 1. 
7. Que ce tout soit un livre, une loi, un territoire (Savigny, t. II, p. 70). Ser 
rigny (Droit public et administratif romain, t. IL, P- 78) a émis l'opinion que « le 
mot caput était employé pour exprimer un chapitre de la matrice cadastrale, laquelle 
contenait autant de chapitres, capita, qu’il y avait de juga dans la circonscription 
qu’elle embrassait ». Mais les ja, nous l’avons vu, ne sont pas la même chose 
que les capita. ; 
8. La définition que donne Guilhiermoz du manse (Bibl. École des Chartes, 1913, 
p- 308) s'applique au caput du Bas-Empire : « unité cadastrale de tenure destinée 
à servir d’assiette à des charges et à des services ».,
	        
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