Object: La question d'Orient depuis ses origines jusqu' à nos jours

PROGRÈS DE L'AUTRICHE. « 
sion de Pologne. 11 donna alors tous les bénéfices qu’il ren 
fermait. Le gouvernement français subit d’abord de graves 
échecs; il ne soutint pas suffisamment le beau-père de 
Louis XV, Stanislas Leczinski, et les troupes austro-russes 
établirent Auguste 111 sur le trône de Pologne. Le cardinal 
Fleury songea alors à l’article du traité de Falksen, par 
lequel la Russie s’était engagée à ne pas intervenir dans les 
affaires polonaises ; la Turquie était donc garante de l’inté 
grité et de l’indépendance de la Pologne. Fleury le lui 
rappela, par l’intermédiaire de l’ambassadeur de France à 
Constantinople, M. de Villeneuve. Le sultan demanda une 
alliance formelle, explicite, avec la France ; il voulait bien 
agir, mais il voulait être sur de ne pas être ensuite aban 
donné ; un renégat chrétien, depuis quelques années passé 
à son service, au milieu d’une carrière extrêmement agitée, 
le pacha Bonneval, parfois très écouté aux conseils des 
grands vizirs, d’autres fois disgracié quand son langage 
était trop sincère, homme de jugement ferme au demeu 
rant, encourageait le sultan à exiger de Louis XV un traité 
écrit. Le cardinal Fleury ne crut pas qu’il fut possible à un 
haut dignitaire de l’église romaine de compromettre sa 
signature à côté de celle du grand-vizir des Ottomans. 11 
répondit évasivement aux pressantes instances du sultan, qui 
se tint quelque temps sur la réserve, malgré l’habileté et 
’énergie de M. de Villeneuve. 
Le sultan fut quand même obligé d’agir Pierre le Grand 
n’avait pas réussi à conclure l’alliance étroite qu’il rêvait 
avec la France. Sa veuve Catherine P® n’avaitpas davantage 
réussi à marier sa fille Elisabeth avec Louis XV. Rebutée 
sans cesse par le gouvernement français, la Russie conclut 
en 1726 avec l’Autriche une étroite alliance qui eut une durée 
plus que séculaire, malgré quelques interruptions. Elles ne 
s’accordèrent pas seulement sur la question polonaise ; elles 
s’entendirent aussi contre la Turquie. La Russie était désor 
mais la libératrice attendue par les peuples des Balkans ; les 
conflits, les incidents de frontières faciles à aggraver étaient 
presque continuels entre les deux empires. Les Tartares de 
Crimée et les Cosaques du Don et du Dniéper étaient sans 
cesse en état de guerre. Profitant de cette situation, informé 
peut-être des efforts de l’ambassadeur de France à Cons 
tantinople, le gouvernement russe envoya brusquement une 
armée contre Azov. La ville fut prise (1736) ; Bakhi-seraï, 
la résidence dukhan des Tartares, fut complètement duitréte
	        
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