Full text: L'Impôt foncier et la captation personelle sous le Bas-Empire et à l'époque franque

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L’IMPOT FONCIER ET LA CAPITATION PERSONNELLE 
tité des terres ou le nombre d’arbres que celles-ci contiennent !. » 
Le second, poussant jusqu’au bout la théorie, veut que « la jugatio 
et la éapitatio ne soient pas deux sytèmes distincts mais qu’ils soient 
partie intégratite d’un système unique, disons plus, que la même 
unité fiscale peut être à deux points, de vue différents tantôt jugum 
et tantôt caput?. » 
L’assiette de l’impôt se serait opérée de la manière suivante : 
« Une première opération, un recensement général des ressources 
de chaque circonscription fiscale fit connaître et la valeur imposable 
des terres et aussi le rapport du chiffre de la population à l’étendue 
des terrains: cette évaluation était facilitée par la réduction de la 
valeur des terres en juga; — une.seconde opération consistait à 
incorporer ces 7uga à des personnes de contribuables, et théorique- 
ment cette opération hardie devait être possible puisque le jugum 
avait été calculé comme fournissant le revenu nécessaire à l’entre- 
tien d’un caput ? » * Cet auteur ajoute: « Le système que nous avons 
décrit suppose une correspondance très exacte entre le chiffre de la 
population rurale et l’étendue des terrains cultivés. Supposons une 
communauté dont la puissance contributive eût été évaluée objec- 
tivement par un calcul de ses juga, et supposons que ces juga aient 
eté incorporés en un même nombre de capita. Si le nombre des 
paysans vient à se multiplier trop rapidement on n’aura pas le droit 
d'inscrire au cens les paysans en surnombre, qui dans la commu- 
nauté surpeuplée n’auraient pas de Æléros, selon le terme de Julien : 
ils demeurent donc incensiti. Si, au contraire, la communauté se 
dépeuple, il y aura des juga en surnombre, des terres dont l’exploi- 
tation sera abandonnée, et ou bien l’État devra rayer de ses registres 
une partie des capita, ou bien les paysans inscrits, bien que moins 
nombreux, paieront le même chiffre d’impôts qu’au temps où la 
communauté prospérait. Or ce n’est évidemment l’intérêt de l’État 
ni laisser incensiti des paysans valides. ni de renoncer à l’impôt de 
terres qui pourraient donner un revenu t. » Pour maintenir cet 
« équilibre fugitif », les grands propriétaires seraient obligés d’opérer 
des transferts de paysans d’un domaine à l’autre. 
t. Op. cit., p. 7. — Fustel de Coulanges dans ses Recherches sur quelques pro- 
blèmes d'histoire (1885), p. 78-80, voyait déjà dans la capitation une certaine façon 
d'estimer la valeur d’un domaine en comptant le nombre des cultivateurs. 
2. Op. cil., p. 19. 
3. P. 21-22, 
4, P. 27-28.
	        
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