es (2), aux communautes (7) et aux corporations (8).
ales ä distinguer chez les peuples europeens.
Peuples sedentaires.
III. Systeme des engagements volontaires permanents (a).
IV. Systeme des engagements momentanes et du travail sans
engagements (9).
Ouvriers attaches ä un patron (proprietaire, chef d’industrie, negociant etc.) par leur volonte,
guidee elle-meme par la coutume ou. fixee par des contrats ä longs termes;
attaches parfois ä une communaute ou ä une Corporation.
Ouvriers lies momentanement ä un maitre (propietaire, chef d’industrie, negociant etc.,)
ou ä une clientele (de proprietaires, de chefs d’industrie, de negociants, de consom-
mateurs etc.);
attaches rarement ä une communaute, souvent ä une Corporation.
L’obligation morale ou la stipulation ecrite qui assure la permanence de Fengagement pese
egalement sur le patron et sur l’ouvrier.
Les engagements du maitre et de l’ouvrier s’interrompent dans deux cas essentiellement
differents:
1er cas. Knptures frequentes provoquees par Finconstance, les defauts ou l’incompati-
bilite d’humeur des deux parties; par les discussions relatives, ä la fixation des
salaires; par la concurrence que suscite la rarete ou la surabondance des bras etc
2« cas. Interruptions ayant lieu, avec l’accord mutuel des deux parties, lorsque l’ouvrier
trouve dans une nouvelle Situation l’occasion de s’elever dans la hierarchie industrielle.
Quelques individus, doues de l’idee de prevoyance, s’elevent aux conditions superieures et
meine ä celles de proprietaires, de chefs d’industrie et de rentiers (6), sous l’influence
bienfaisante des patrons, des communautes ou des corporations.
Lea individus depourvus de l’esprit de prevoyance trouvent au moins, sous la märne in-
lluence, un certain minimum de bien-etre.
j Beaucoup d’individus doues de prevoyance s’elevent aisement aux conditions superieures
1 delasociete: ce succes est surtout acquis ä ceux qui, dans chacune des situations ascen-
j dantes qu’ils occupent, se lient par des engagements ä longs termes, aussi longtemps
qu’ils ne sont pas arrives ä travailler pour leur propre compte.
Les individus imprevoyants qui, sans sortir d’une condition inferieure, ne contractent que
des engagements de courte duree, tombent ordinairement dans une degradation physique
et morale inconnue dans les trois autres systemes sociaux.
Notable partie du sol appropriee ä la culture.
Sol approprie presque en totalite ä la culture.
Ouvriers-domestiques (celibataires ou maries) de certaines exploitations rurales situees dans
toutes les regions de l’Enrope; attaches toute leur vie ä ces exploitations, sans 6tre
preoccupes du desir de s’elever ä une condition superieure:
Valets et servantes de ferme de l’Europe centrale.
Parents celibataires des petits proprietaires des Hesses et du Nassau.
Parents celibataires des fermiers de la Vendee.
Charbonnier des Alpes de la Carinthie.
Ouvriers celibataires attaches, jusqu’ä Fepoque de leur mariage, en qualite de domestiques
aux exploitations rurales de FOccident etc.:
Valet de ferme de la basse Bretagne aspirant ä devenir Pen-ty.
Apprenti-coutelier des Sheffield.
Compagnon-marechal-ferrant du Maine.
Aide-blanchisseur de la banlieue de Paris.
Journaliers agriculteurs travaillant toute leur vie, pour le compte d’un meme patron, sans
etre preoccupes du desir de s’elever ä une condition superieure:
Stat-torpäre de la Suede.
Brassiers des vignobles de l’Armagnac.
Etc., etc.
Journaliers industriels travaillant toute leur vie, pour le compte d’un meme patron, sans
§tre preoccupes du desir de s’elever ä une condition superieure:
Fondeur des usines ä cobalt du Buskerud (Norwege).
Fondeur des usines ä fer (ä la bouille) du Derbyshire.
Etc., etc.
Journaliers changeant de maitre, sans jamais sortir de leur condition:
Compaguon de la Corporation des menuisiers de Vienne (Autriche).
Journalier-agriculteur du Morvan (Nievre).
Journalier-agriculteur du Maine (Sarthe).
Etc., etc.
Journaliers d’elite attaches en permanence ä un patron ou ä une clientHe dans les positions
ascendantes qu’ils doivent successivement occuper:
Journaliers industriels norwegiens, aspirant ä devenir proprietaires-ouvriers.
Menuisiers de Sheffield, aspirant ä devenir ouvrier-proprietaire.
Pen-ty dela basse Bretagne, aspirant ä devenir fermierou proprietaire-ouvrier.
Tächerons travaillant toute leur vie, pour le compte d’un meme patron, sans etre preoccupes
du desir de s’elever ä une condition superieure:
Forgeron des usines ä fer de Danemora (Suede).
Mineur et fondeur des mines de mercure d’Idria (Carniole).
Filateur de coton de la banlieue d’Elberfeld (Prusse).
Tächerons changeant frequemment de maitre, sans jamais sortir de leur condition:
Armurier de Solingen (Prusse rhenane).
Tisserand de la vallee du Bhin (Prusse rhenane).
Horloger de Geneve (2e type).
Coutelier de Londres
Coutelier de Sheffield (Yorkshire), etc.
Tisserand de la ville de Marners (Sarthe).
Tächerons d’elite attaches en permanence ä un patron ou ä une clientHe, dans chacune
des positions ascendantes qu’ils occupent successivement:
Horloger de Geneve (1er type), aspirant ä devenir chef de metier.
Mineur des montagnes metalliferes de l’Auvergne.
Tenanciers exploitant toute leur vie la meme propriete, conformement ä la coutume, ou
par suite de contrats ä longs termes, sans 6tre preoccupes du desir de s’elever ä une
condition superieure:
Torpäre suedois ou tenanciers executant, ä titre de redevance, lestravauxagri-
coles ou forestiers et les transports pour le compte des proprietaires.
Tenanciers changeant de proprietaire, sans sortir de leur condition:
Fermiers ou metayers de l’Europe occidentale exploitant sans baux ou avec des baux
de courte duree.
Tenanciers aspirant ä quitter Fimmeuble qu’ils exploitent pour s’elever ä une condition
superieure:
Metayer du district de Santander (Vieille-Castille).
Chefs de metier travaillant toute leur vie pour le compte d’un seul patron, ou restant con-
stamment unis ä une communaute, sans 6tre preoccupes du desir de s’elever ä une con
dition superieure:
Fondeurs en communaute des bergslags de la Suede.
Fondeurs en communaute du pays bergamasque.
Etc., etc. S
Chefs de metier travaillant pour une clientele nombreuse; ne pouvant, par l’organisation
meme de l’industrie, travailler exclusivement pour le compte d’un seul patron; portes ä
changer frequemment leurs relations commerciales aspirant, d’ailleurs, ä quitter leur
clientele ou leur patron pour s’elever ä la condition de proprietaire ou de rentier, etc.:
Chiffonier de Paris (travail sans engagements).
Maitre-blanchisseur de la banlieue de Paris.
Marechal-ferrant du Maine, considere quelques annees avant Fepoque ä la
quelle se rapporte la monographie.
Ouvriers-proprietaires (journaliers, tächerons etc.) travaillant toute leur vie pour le compte
d’un meme patron; eleves dejä en partie ä la condition de proprietaires, sous la bien
faisante influence du patronage; n’ayant point, en general, le desir de quitter le patron:
Fondeurs slovaques des usines ä argent de Schemnitz (Hongrie).
Mineur de la Corporation des mines d’argent du haut Hartz (Hanovre).
Fondeur des usines ä fer lau bois) de l’Hundsrueke (Prusse rhenane).
Fondeur des usines ä fer (au bois) du Nivernais.
Etc., etc.
Salaries-proprietaires, travaillant pour un maitre ou une clientHe, aspirant ä quitter cette
Situation pour vivre exclusivement de l’exploitation d’une propriete personnelle:
Moissonneur emigrant et terrassier du Soissonnais (Aisne).
Mineur emigrant de la Galice (Espagne).
Chefs de metier, proprietaires ou capitalistes, travaillant ordinairement pour une clientHe,
aspirant ä quitter cette clientele pour vivre exclusivement de l’exploitation d’une pro
priete personnelle: ....
Marechal-ferrant du Marne (travail sans engagements).
Maitre-blanchisseur de la banlieue de Paris.
Proprietaires-ouvriers ayant travaille exclusivement, pendant la premiere partie de leur vie,
pour le compte d’un seul patron: parvenus ä la Situation independante dont ils jouissent,
par des circonstances fortuites, ou par un developpement graduel d’idees et de Sentiments,
Plutöt qu’avec un desir arrete, des l’origine de leur earriere, de s’elever ä la condition
de proprietaire:
Quelques proprietaires-ouvriers de la Suede, de l’Europe centrale, etc.
Proprietaires des petits majorats agricoles de l’Allemagne.
Le fondeur des usines ä fer (an bois) de l’Hundsrucke, considere dix annees environ
aprüs Fepoque ä laquelle se rapporte la monographie.
Proprietaires-ouvriers, ayant, en general, commence leur earriere aux rangs inferieurs de la
hierarchie sociale; animes, dans tout le cours de cette earriere, du desir de s’elever ä
une condition superieure: _
Moissonneur du Soissonnais et marechal-ferrant du Maine, consideres une dixaine d’annees
apres Fepoque ü laquelle se rapportent les monographies.
Mineur emigrant de la Galice, considere deux annees aprds Fepoque ä laquelle se
_ rapporte la monographie. ,
Proprietaires-ouvriers ayant toujours vecu dans la meme condition:
Proprietaires des pays allemands, oü la Conservation integrale des petites proprietes
est maintenue par un regime regulier d’emigration.
Proprietaires des districts ruraux de France (pourvus de biens communaux), dans
lesquels la population reste spontanement en equilibre.
Notes annexäes par renvois au present tableau.
f) Les proprietes immobilieres que possfedent ordinairement les ouvriers sont: l’habitation;
un jardin potager; un verger; un terrain pour la production des pommes de terre, des
cereales ou des matieres textiles; un vignoble; une prairie; une grange; une etable; une
ecurie; etc.
g) Les industries que les familles entreprennent ordinairement ä leur propre compte, inde-
pendamment du travail execute pour le compte d’un proprietaire ou d’un chef d’industrie,
offrent, en Europe, une grande variete; les plus habituelles sont: la culture des terres
possedees ou louees par la famille, l’exploitation des animaux domestiques et une multi-
tude de petites entreprises eoncernant la production des aliments ou des objects de vete-
ment et de mobilier.
h) Les tenanciers se snbdivisent en deux grandes categories, seien la natnre des preleve-
ments attribues au proprietaire de l’immeuble: on les nomine fermiers ä partage, metayers,
colons partiaires etc., lorsque le prelevement du proprietaire consiste en une part de
produits (souvent la moitie) proportionelle ä la production totale; on les nomme fermiers
proprement dits quand le prelevement du proprietaire est forme par un abonuement fixe
en travaux (corvees), en produits (redevances) ou en argent (rente).
Dans les constitutions remontant ä une epoque ancienne il existe des classes speciales
de tenanciers jouissant, de generation en generation, du droit exclusif d’exploiter certains
immeubles, ä la Charge de servir le prelevement (fixe ou proportionnel) stipule en faveur
des auteurs de la concession et de leurs descendants. Cette classe de tenanciers-proprie-
taires, fort commune encore dans l’Orient et dans l’Europe centrale se restreint,
depuis un siede sous l’influence des revolutions politiques et des lois nouvelles, chez
les peuples oü s’ämoindrit le sentiment de la solidarite. Elle est encore representee en
France par plusieurs types interessants, par exemple par le saulnier-lettrier de la Saiu-
tonge).
i) Ordinairement les ouvriers ne s’etablissent comme chefs de metier que lorsqu’ils ont pu
acquerir la nropriete du fonds et de la clientele: on peut concevoir cependant des chefs
de metier pviiloitant un fonds et une clientHe fournis par un predecesseur: dans ce cas,
un prelevement aurait lieu au profit de ce dernier. _ . .
k) On desio-ncra chaque ouvrier de la categorie des ouvriers-proprietaires en plaqant avant
le mot pro letaire le noin du type qui caracterise la condition dans laquelle s’execnte le
travail urincinal' aiusi Fon dira: journalier-proprietaire, tächeron-proprietaire etc, selon
fine l’ouv ' r traVaille principalement en qualite de journalier, de tächeron etc.
l) On desio-Jil-a ebaque ouvrier de la categorie des proprietaires-ouvriers en plaqant apres
le mot uro ietaire le nora qui caracterise de la maniere la plus speci'ale le genre d’ex-
ploitation l’ouvrier; ainsi Fon dira: proprietaire-vigneron, proprietaire agriculteur etc.,
selon que Pouvrier exploite une vigne, cultive les cereales etc.