Full text : Frédéric Le Play in seiner Bedeutung für die Entwicklung der sozialwissenschaftlichen Methode

es  (2),  aux  communautes  (7)  et  aux  corporations  (8).

ales  ä  distinguer  chez  les  peuples  europeens.

Peuples  sedentaires.

III.  Systeme  des  engagements  volontaires  permanents  (a).

IV.  Systeme  des  engagements  momentanes  et  du  travail  sans
engagements  (9).

Ouvriers  attaches  ä  un  patron  (proprietaire,  chef  d’industrie,  negociant  etc.)  par  leur  volonte,
guidee  elle-meme  par  la  coutume  ou.  fixee  par  des  contrats  ä  longs  termes;
attaches  parfois  ä  une  communaute  ou  ä  une  Corporation.

Ouvriers  lies  momentanement  ä  un  maitre  (propietaire,  chef  d’industrie,  negociant  etc.,)
ou  ä  une  clientele  (de  proprietaires,  de  chefs  d’industrie,  de  negociants,  de  consommateurs
  etc.);
attaches  rarement  ä  une  communaute,  souvent  ä  une  Corporation.

L’obligation  morale  ou  la  stipulation  ecrite  qui  assure  la  permanence  de  Fengagement  pese
egalement  sur  le  patron  et  sur  l’ouvrier.

Les  engagements  du  maitre  et  de  l’ouvrier  s’interrompent  dans  deux  cas  essentiellement
differents:
1er  cas.  Knptures  frequentes  provoquees  par  Finconstance,  les  defauts  ou  l’incompatibilite
  d’humeur  des  deux  parties;  par  les  discussions  relatives,  ä  la  fixation  des
salaires;  par  la  concurrence  que  suscite  la  rarete  ou  la  surabondance  des  bras  etc
2«  cas.  Interruptions  ayant  lieu,  avec  l’accord  mutuel  des  deux  parties,  lorsque  l’ouvrier
trouve  dans  une  nouvelle  Situation  l’occasion  de  s’elever  dans  la  hierarchie  industrielle.

Quelques  individus,  doues  de  l’idee  de  prevoyance,  s’elevent  aux  conditions  superieures  et
meine  ä  celles  de  proprietaires,  de  chefs  d’industrie  et  de  rentiers  (6),  sous  l’influence
bienfaisante  des  patrons,  des  communautes  ou  des  corporations.
Lea  individus  depourvus  de  l’esprit  de  prevoyance  trouvent  au  moins,  sous  la  märne  inlluence,
  un  certain  minimum  de  bien-etre.

j  Beaucoup  d’individus  doues  de  prevoyance  s’elevent  aisement  aux  conditions  superieures
1  delasociete:  ce  succes  est  surtout  acquis  ä  ceux  qui,  dans  chacune  des  situations  ascenj
  dantes  qu’ils  occupent,  se  lient  par  des  engagements  ä  longs  termes,  aussi  longtemps
qu’ils  ne  sont  pas  arrives  ä  travailler  pour  leur  propre  compte.
Les  individus  imprevoyants  qui,  sans  sortir  d’une  condition  inferieure,  ne  contractent  que
des  engagements  de  courte  duree,  tombent  ordinairement  dans  une  degradation  physique
et  morale  inconnue  dans  les  trois  autres  systemes  sociaux.

Notable  partie  du  sol  appropriee  ä  la  culture.

Sol  approprie  presque  en  totalite  ä  la  culture.

Ouvriers-domestiques  (celibataires  ou  maries)  de  certaines  exploitations  rurales  situees  dans
toutes  les  regions  de  l’Enrope;  attaches  toute  leur  vie  ä  ces  exploitations,  sans  6tre
preoccupes  du  desir  de  s’elever  ä  une  condition  superieure:
Valets  et  servantes  de  ferme  de  l’Europe  centrale.
Parents  celibataires  des  petits  proprietaires  des  Hesses  et  du  Nassau.
Parents  celibataires  des  fermiers  de  la  Vendee.
Charbonnier  des  Alpes  de  la  Carinthie.

Ouvriers  celibataires  attaches,  jusqu’ä  Fepoque  de  leur  mariage,  en  qualite  de  domestiques
aux  exploitations  rurales  de  FOccident  etc.:
Valet  de  ferme  de  la  basse  Bretagne  aspirant  ä  devenir  Pen-ty.
Apprenti-coutelier  des  Sheffield.
Compagnon-marechal-ferrant  du  Maine.
Aide-blanchisseur  de  la  banlieue  de  Paris.

Journaliers  agriculteurs  travaillant  toute  leur  vie,  pour  le  compte  d’un  meme  patron,  sans
etre  preoccupes  du  desir  de  s’elever  ä  une  condition  superieure:
Stat-torpäre  de  la  Suede.
Brassiers  des  vignobles  de  l’Armagnac.
Etc.,  etc.
Journaliers  industriels  travaillant  toute  leur  vie,  pour  le  compte  d’un  meme  patron,  sans
§tre  preoccupes  du  desir  de  s’elever  ä  une  condition  superieure:
Fondeur  des  usines  ä  cobalt  du  Buskerud  (Norwege).
Fondeur  des  usines  ä  fer  (ä  la  bouille)  du  Derbyshire.
Etc.,  etc.

Journaliers  changeant  de  maitre,  sans  jamais  sortir  de  leur  condition:
Compaguon  de  la  Corporation  des  menuisiers  de  Vienne  (Autriche).
Journalier-agriculteur  du  Morvan  (Nievre).
Journalier-agriculteur  du  Maine  (Sarthe).
Etc.,  etc.
Journaliers  d’elite  attaches  en  permanence  ä  un  patron  ou  ä  une  clientHe  dans  les  positions
ascendantes  qu’ils  doivent  successivement  occuper:
Journaliers  industriels  norwegiens,  aspirant  ä  devenir  proprietaires-ouvriers.
Menuisiers  de  Sheffield,  aspirant  ä  devenir  ouvrier-proprietaire.
Pen-ty  dela  basse  Bretagne,  aspirant  ä  devenir  fermierou  proprietaire-ouvrier.

Tächerons  travaillant  toute  leur  vie,  pour  le  compte  d’un  meme  patron,  sans  etre  preoccupes
du  desir  de  s’elever  ä  une  condition  superieure:
Forgeron  des  usines  ä  fer  de  Danemora  (Suede).
Mineur  et  fondeur  des  mines  de  mercure  d’Idria  (Carniole).
Filateur  de  coton  de  la  banlieue  d’Elberfeld  (Prusse).

Tächerons  changeant  frequemment  de  maitre,  sans  jamais  sortir  de  leur  condition:
Armurier  de  Solingen  (Prusse  rhenane).
Tisserand  de  la  vallee  du  Bhin  (Prusse  rhenane).
Horloger  de  Geneve  (2e  type).
Coutelier  de  Londres
Coutelier  de  Sheffield  (Yorkshire),  etc.
Tisserand  de  la  ville  de  Marners  (Sarthe).
Tächerons  d’elite  attaches  en  permanence  ä  un  patron  ou  ä  une  clientHe,  dans  chacune
des  positions  ascendantes  qu’ils  occupent  successivement:
Horloger  de  Geneve  (1er  type),  aspirant  ä  devenir  chef  de  metier.
Mineur  des  montagnes  metalliferes  de  l’Auvergne.

Tenanciers  exploitant  toute  leur  vie  la  meme  propriete,  conformement  ä  la  coutume,  ou
par  suite  de  contrats  ä  longs  termes,  sans  6tre  preoccupes  du  desir  de  s’elever  ä  une
condition  superieure:
Torpäre  suedois  ou  tenanciers  executant,  ä  titre  de  redevance,  lestravauxagricoles
  ou  forestiers  et  les  transports  pour  le  compte  des  proprietaires.

Tenanciers  changeant  de  proprietaire,  sans  sortir  de  leur  condition:
Fermiers  ou  metayers  de  l’Europe  occidentale  exploitant  sans  baux  ou  avec  des  baux
de  courte  duree.
Tenanciers  aspirant  ä  quitter  Fimmeuble  qu’ils  exploitent  pour  s’elever  ä  une  condition
superieure:
Metayer  du  district  de  Santander  (Vieille-Castille).

Chefs  de  metier  travaillant  toute  leur  vie  pour  le  compte  d’un  seul  patron,  ou  restant  constamment
  unis  ä  une  communaute,  sans  6tre  preoccupes  du  desir  de  s’elever  ä  une  condition ­
  superieure:
Fondeurs  en  communaute  des  bergslags  de  la  Suede.
Fondeurs  en  communaute  du  pays  bergamasque.
Etc.,  etc.  S

Chefs  de  metier  travaillant  pour  une  clientele  nombreuse;  ne  pouvant,  par  l’organisation
meme  de  l’industrie,  travailler  exclusivement  pour  le  compte  d’un  seul  patron;  portes  ä
changer  frequemment  leurs  relations  commerciales  aspirant,  d’ailleurs,  ä  quitter  leur
clientele  ou  leur  patron  pour  s’elever  ä  la  condition  de  proprietaire  ou  de  rentier,  etc.:
Chiffonier  de  Paris  (travail  sans  engagements).
Maitre-blanchisseur  de  la  banlieue  de  Paris.
Marechal-ferrant  du  Maine,  considere  quelques  annees  avant  Fepoque  ä  laquelle ­
  se  rapporte  la  monographie.

Ouvriers-proprietaires  (journaliers,  tächerons  etc.)  travaillant  toute  leur  vie  pour  le  compte
d’un  meme  patron;  eleves  dejä  en  partie  ä  la  condition  de  proprietaires,  sous  la  bienfaisante ­
  influence  du  patronage;  n’ayant  point,  en  general,  le  desir  de  quitter  le  patron:
Fondeurs  slovaques  des  usines  ä  argent  de  Schemnitz  (Hongrie).
Mineur  de  la  Corporation  des  mines  d’argent  du  haut  Hartz  (Hanovre).
Fondeur  des  usines  ä  fer  lau  bois)  de  l’Hundsrueke  (Prusse  rhenane).
Fondeur  des  usines  ä  fer  (au  bois)  du  Nivernais.
Etc.,  etc.

Salaries-proprietaires,  travaillant  pour  un  maitre  ou  une  clientHe,  aspirant  ä  quitter  cette
Situation  pour  vivre  exclusivement  de  l’exploitation  d’une  propriete  personnelle:
Moissonneur  emigrant  et  terrassier  du  Soissonnais  (Aisne).
Mineur  emigrant  de  la  Galice  (Espagne).
Chefs  de  metier,  proprietaires  ou  capitalistes,  travaillant  ordinairement  pour  une  clientHe,
aspirant  ä  quitter  cette  clientele  pour  vivre  exclusivement  de  l’exploitation  d’une  propriete ­
  personnelle:  ....
Marechal-ferrant  du  Marne  (travail  sans  engagements).
Maitre-blanchisseur  de  la  banlieue  de  Paris.

Proprietaires-ouvriers  ayant  travaille  exclusivement,  pendant  la  premiere  partie  de  leur  vie,
pour  le  compte  d’un  seul  patron:  parvenus  ä  la  Situation  independante  dont  ils  jouissent,
par  des  circonstances  fortuites,  ou  par  un  developpement  graduel  d’idees  et  de  Sentiments,
Plutöt  qu’avec  un  desir  arrete,  des  l’origine  de  leur  earriere,  de  s’elever  ä  la  condition
de  proprietaire:
Quelques  proprietaires-ouvriers  de  la  Suede,  de  l’Europe  centrale,  etc.
Proprietaires  des  petits  majorats  agricoles  de  l’Allemagne.
Le  fondeur  des  usines  ä  fer  (an  bois)  de  l’Hundsrucke,  considere  dix  annees  environ
aprüs  Fepoque  ä  laquelle  se  rapporte  la  monographie.

Proprietaires-ouvriers,  ayant,  en  general,  commence  leur  earriere  aux  rangs  inferieurs  de  la
hierarchie  sociale;  animes,  dans  tout  le  cours  de  cette  earriere,  du  desir  de  s’elever  ä
une  condition  superieure:  _
Moissonneur  du  Soissonnais  et  marechal-ferrant  du  Maine,  consideres  une  dixaine  d’annees
apres  Fepoque  ü  laquelle  se  rapportent  les  monographies.
Mineur  emigrant  de  la  Galice,  considere  deux  annees  aprds  Fepoque  ä  laquelle  se
_  rapporte  la  monographie.  ,
Proprietaires-ouvriers  ayant  toujours  vecu  dans  la  meme  condition:
Proprietaires  des  pays  allemands,  oü  la  Conservation  integrale  des  petites  proprietes
est  maintenue  par  un  regime  regulier  d’emigration.

Proprietaires  des  districts  ruraux  de  France  (pourvus  de  biens  communaux),  dans
lesquels  la  population  reste  spontanement  en  equilibre.

Notes  annexäes  par  renvois  au  present  tableau.
f)  Les  proprietes  immobilieres  que  possfedent  ordinairement  les  ouvriers  sont:  l’habitation;
un  jardin  potager;  un  verger;  un  terrain  pour  la  production  des  pommes  de  terre,  des
cereales  ou  des  matieres  textiles;  un  vignoble;  une  prairie;  une  grange;  une  etable;  une
ecurie;  etc.
g)  Les  industries  que  les  familles  entreprennent  ordinairement  ä  leur  propre  compte,  independamment
  du  travail  execute  pour  le  compte  d’un  proprietaire  ou  d’un  chef  d’industrie,
offrent,  en  Europe,  une  grande  variete;  les  plus  habituelles  sont:  la  culture  des  terres
possedees  ou  louees  par  la  famille,  l’exploitation  des  animaux  domestiques  et  une  multitude
  de  petites  entreprises  eoncernant  la  production  des  aliments  ou  des  objects  de  vetement
  et  de  mobilier.
h)  Les  tenanciers  se  snbdivisent  en  deux  grandes  categories,  seien  la  natnre  des  prelevements
  attribues  au  proprietaire  de  l’immeuble:  on  les  nomine  fermiers  ä  partage,  metayers,
colons  partiaires  etc.,  lorsque  le  prelevement  du  proprietaire  consiste  en  une  part  de
produits  (souvent  la  moitie)  proportionelle  ä  la  production  totale;  on  les  nomme  fermiers
proprement  dits  quand  le  prelevement  du  proprietaire  est  forme  par  un  abonuement  fixe
en  travaux  (corvees),  en  produits  (redevances)  ou  en  argent  (rente).
Dans  les  constitutions  remontant  ä  une  epoque  ancienne  il  existe  des  classes  speciales
de  tenanciers  jouissant,  de  generation  en  generation,  du  droit  exclusif  d’exploiter  certains
immeubles,  ä  la  Charge  de  servir  le  prelevement  (fixe  ou  proportionnel)  stipule  en  faveur
des  auteurs  de  la  concession  et  de  leurs  descendants.  Cette  classe  de  tenanciers-proprietaires,
  fort  commune  encore  dans  l’Orient  et  dans  l’Europe  centrale  se  restreint,

depuis  un  siede  sous  l’influence  des  revolutions  politiques  et  des  lois  nouvelles,  chez
les  peuples  oü  s’ämoindrit  le  sentiment  de  la  solidarite.  Elle  est  encore  representee  en
France  par  plusieurs  types  interessants,  par  exemple  par  le  saulnier-lettrier  de  la  Saiutonge).

i)  Ordinairement  les  ouvriers  ne  s’etablissent  comme  chefs  de  metier  que  lorsqu’ils  ont  pu
acquerir  la  nropriete  du  fonds  et  de  la  clientele:  on  peut  concevoir  cependant  des  chefs
de  metier  pviiloitant  un  fonds  et  une  clientHe  fournis  par  un  predecesseur:  dans  ce  cas,
un  prelevement  aurait  lieu  au  profit  de  ce  dernier.  _  .  .
k)  On  desio-ncra  chaque  ouvrier  de  la  categorie  des  ouvriers-proprietaires  en  plaqant  avant
le  mot  pro  letaire  le  noin  du  type  qui  caracterise  la  condition  dans  laquelle  s’execnte  le
travail  urincinal'  aiusi  Fon  dira:  journalier-proprietaire,  tächeron-proprietaire  etc,  selon
fine  l’ouv  '  r  traVaille  principalement  en  qualite  de  journalier,  de  tächeron  etc.
l)  On  desio-Jil-a  ebaque  ouvrier  de  la  categorie  des  proprietaires-ouvriers  en  plaqant  apres
le  mot  uro  ietaire  le  nora  qui  caracterise  de  la  maniere  la  plus  speci'ale  le  genre  d’exploitation
  l’ouvrier;  ainsi  Fon  dira:  proprietaire-vigneron,  proprietaire  agriculteur  etc.,
selon  que  Pouvrier  exploite  une  vigne,  cultive  les  cereales  etc.
            
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