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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
Les maisons d’Arequipa sont élégantes et solides, cons
truites pour supporter les fréquents tremblements de
terre qui ont détruit cette ville plusieurs fois, retardant
son développement commercial. Toutes sont en pierres
calcaires poreuses, mais résistantes, que l’on extrait d’im
menses carrières situées à la base du Mistice ; c’est à ces
pierres que la ville doit de paraître à distance d’une
extrême blancheur. La ville est partagée en deux par le
rio Chili ; sur la rive gauche s’élève la plus belle partie,
les rues en sont droites et larges, le climat est sec et
froid mais très sain ; c’est la température des tropiques
fort tempérée par l’altitude de la ville au-dessus du niveau
de la mer.
La situation géographique d’Arequipa en fait l’inter
médiaire obligé du commerce d’importation et d’exporta
tion du sud péruvien et du nord de la Bolivie. Au point
de vue industriel la ville n’occupe pas encore une place
très importante, cependant, outre diverses fabriques, elle
possède une fonderie et une usine métallurgique très bien
montée. Il existe à Arequipa une université, l’instruction
y est très développée.
Mais ce qui domine tout à Arequipa, c’est la religion et
la politique.
En effet, le sentiment religieux y est porté à sa plus
haute expression, presque jusqu’au fanatisme ; alors que
dans tout le Pérou, le peuple est croyant, dévot même, mais
tolérant, à Arequipa le rôle du prêtre prime celui des
hauts fonctionnaires, lui seul sera obéi quoi qu’il demande.
A ce défaut d’intolérance, les habitants d’Arequipa et
de tout le département en joignent un autre : c’est d’être
doués d’un chauvinisme étroit et quelque peu ridicule,
sans doute parce qu’ils ont la réputation, dont ils sont
fiers, d’être les plus turbulents de tout le Pérou. C’est à