LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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Arequipa que se sont organisées la majeure partie des
révolutions qui ensanglantèrent autrefois le pays. Cette
turbulence semble s’être calmée, car depuis une dizaine
d’années la paix publique n’a pas été troublée.
Mais cela n’empêche pas les habitants d’Arequipa d’être
actifs et industrieux ; les femmes sont comme à Lima
jolies et fort coquettes. C’est le département où l’agri
culture, l’industrie, le commerce, les arts et les sciences
se sont le plus développés. Mais comme tout est relatif,
dans ce pays, pendant qu’une partie de la population
s’agite et travaille, l’autre partie mène une existence toute
contemplative.
En résumé on peut dire de la population du département
d’Arequipa qu’elle a mauvaise tête, mais bon cœur.
Trujillo, distante de 565 kilomètres de Lima, est la ca
pitale du département de la Libertâd et de la province du
même nom, elle est située à 65 mètres d’altitude au-dessus
du niveau de la mer, et à 11 kilomètres delà côte, àlaquelle
elle est reliée par un chemin de fer qui se prolonge jusqu’à
Ascope au centre de magnifiques exploitations de coton, de
canne à sucre et de rizières prospères.
Trujillo, fondée par Pizarre en 1535, est une des plus
anciennes villes du Pérou, on y jouit malgré sa latitude
presque équatoriale d’un climat sain, sec et chaud. La
ville ne couvre pas une très grande superficie ; de forme
particulièrement régulière, ses rues sont bordées de mai
sons nombreuses et confortables mais à l’aspect rébar
batif, aux murs énormes et sans fenêtres.
Trujillo est aujourd’hui quelque peu déchue de son an
cienne splendeur, sa population est de 12.000 à 13.000
habitants; c’était autrefois le centre d’attraction de toute
l’aristocratie et de la richesse du nord du Pérou, elle n’est
plus à l’heure actuelle que la résidence des riches hacen-