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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
elles ne constituent pas un système bien conçu de communi
cation, ce sont surtout des tronçons, des amorces isolées de
lignes plus ou moins étendues sans raccords entre elles.
Toutefois il faut faire exception pour les deux lignes de
Lima, a la Oroya et au Cerro de Pasco, et de Mollendo
à Puno et au Cuzco. Ce sont les deux chemins de fer les
plus élevés du monde ; le premier surtout, dit de la Oroya,
constitue une oeuvre prodigieuse, vraiment surprenante }
qui n’a pas de rivale au monde et qui mérite que l’on en
dise quelques mots.
La ligne part du Callao, traverse Lima et se dirige direc
tement sur les Cordillères qu’elle gravit à une altitude de
4.775 mètres, par des pentes si rapides que cette hauteur
est atteinte après un parcours de 145 kilomètres seule
ment.
La plus grande difficulté pour la construction du che
min de fer de la Oroya consistait à lui faire suivre le cours
du Rimac. Pour tracer leurs plans les ingénieurs durent
descendre dans des précipices et il fut impossible de com
mencer aucun travail avant d’avoir creusé, dans le roc,
un chemin pour les mules.
Dans le trajet de Lima à la Oroya seulement, il n’y a
pas moins de soixante tunnels et de quatre-vingts ponts. Le
principal de ces ponts est celui de Yerrugas, admirable
construction métallique de 192 mètres de longueur qui
franchit un précipice de 84 mètres de profondeur.
Les plans du chemin de fer de la Oroya ont été tracés
par M. Meiggs, un Nord-Américain audacieux et entre
prenant. M. Meiggs commença les travaux de Lima à
Oroya en 1870 en vertu d’un contrat signé entre lui et le
gouvernement péruvien. La ligne devait être construite
dans l’espace de six ans et le gouvernement mettait à la
disposition de M. Meiggs une somme de 138 millions pour