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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
fait une ascension (sans fatigue) à près de 5.000 mètres
de hauteur. Une petite description de ce voyage donnera
un aperçu des difficultés presque insurmontables que les
ingénieurs ont réussi à vaincre.
Au sortir de Lima le chemin de fer remonte la vallée du
Rimac en longeant la rive gauche de ce torrent. Après
avoir dépassé Chosica on arrive à San Hilario, belle vallée
bien cultivée qui produit quantité de fruits excellents.
Jusqu’à San Bartolomeo, à une distance de 63 kilomètres,
le train suit constamment le fond de la vallée ; à partir de
ce point qui n’est qu’à 1.500 mètres d’altitude, nous allons
attaquer véritablement la Cordillère.
Un énorme contrefort aux pentes presque verticales se
dresse devant la voie et semble barrer le chemin. Au pre
mier abord, il semble impossible que l’on puisse l’esca
lader, car l’espace manque absolument pour développer
le tracé sinueux grâce auquel un chemin de fer triomphe
de ces sortes d’obstacles. On y a réussi cependant à
l’aide d’un ingénieux système de zigzags que le train
décrit de la manière suivante :
La voie ferrée forme un boyau qui ne semble pas se
prolonger au-delà de San Bartelomeo, village adossé
à la montagne. Une voie presque parallèle à celle par
laquelle le train vient d’arriver, se détache de la station
et gravit hardiment les premières pentes, toujours en
ligne droite ; elle aboutit à une étroite et longue plate
forme, d’où elle repart en suivant une direction opposée,
qui la mène par une pente régulière sur un nouveau
terre-plein horizontal, et ainsi de suite, jusqu’à ce que la
nature du terrain permette à la voie de se développer en
courbe, ce qui était impossible le long d’une montagne à
peu près verticale. Voici comment le train parvient à
escalader cette série de gradins : la locomotive qui mar-