LE PÉROU ÉCONOMIQUE 117
nées suivantes, de 200.000 livres ; ces sommes qui, for
cément, doivent être prévues au budget de la République,
sont, comme nous l’avons dit, à prélever sur le produit de
l’impôt du tabac. Mais la pénurie des voies ferrées n est
pas le seul obstacle au développement rapide de la contrée ;
là où existent des chemins de fer, les difficultés de cons
truction et les dépenses d’exploitation sont telles, que la
société est obligée d’appliquer au transport des marchan
dises un tarif qui ne permet guère l’envoi à la côte, dans
de bonnes conditions de frêt, des marchandises pondé-
reuses.
Prenons comme exemple le port de Chimbote ; un che
min de fer est en exploitation de Chimbote à Suchiman et en
construction de Suchiman à Huaraz, capitale du départe
ment d’Ancash ; il doit se prolonger jusqu’à Recuay. Si
1 on envisage, d’une part, la situation de Chimbote sur
une baie magnifique et calme, de 7 milles de longueur
Su r 5 milles de largeur, et où les plus grands navires
peuvent trouver un abri absolument sûr ; si, d autre part,
°n tient compte des immenses richesses minières et agri
coles du département d’Ancash, on doit arriver à la con
clusion que le seul obstacle qui, jamais, puisse empêcher
le développement rapide du port de Chimbote est le coût
de transport dont seront grevées les marchandises à ame
ner à la côte.
11 y a, paraît-il, de très riches gisements de charbon
dans ce département, mais à notre connaissance, tous se
trouvent à une distance de 125 à 250 kilomètres de Chim
bote ; or, le tarif des transports de marchandises devant
être, par kilomètre et par tonne, de 0. 45 pour la première
catégorie, de fr. 0. 40 pour la seconde et de fr. 0. 35 pour
la troisième, si nous appliquons, sur un parcours moyen
de 150 kilomètres, le tarif de 0.35 à une tonne de char-