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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
XIV. — La navigation à vapeur sur les rivières (le
l’Orient ne fonctionne très régulièrement qu’à partir de
TUcayali; les ports de Tabatinga, Masisea, Nauta, etc.,
sont très bien desservis. Le voyageur qui a pris la voie du
Pichis est donc obligé, s’il ne veut attendre un temps indéterminé
à Puerto-Bermudez, de louer un canot et de descendre
jusqu’à l’embouchure du Pachitea. Dans ce cas,
un canot se loue de 3 à 4 livres (la livre péruvienne vaut
25 francs) et le salaire des deux rameurs indiens composant
l’équipage sera de 10 à 12 livres. Ces prix élevés
sont occasionnés par les difficultés considérables qu’auront
à vaincre les rameurs pour remonter le courant au
retour, si le voyage s’opère en temps de crue (novembre
à avril).
XV. — Ce voyage, depuis Tarma jusqu’à Puerto-Bermudez,
ne s’opère pas toujours avec toute la facilité désirable
et les ressources que l’on rencontre sur le chemin
sont relativement peu abondantes. Le voyageur devra
donc, pendant quelque temps encore, se munir de provisions
avant son départ (1).
A part les lignes ferrées, que nous avons désignées, il
n’existe pas au Pérou d’autres moyens de transport que le
mulet, le cheval, l’âne, le llamaet les canots et chaloupes
à vapeur sur les rivières de la Montana. C’est donc à
mulet que doit s’effectuer le voyage de Tarma à Puerto-Yessup
; en raison de l’état précaire des chemins, la location
d’un mulet coûte de 50 à 70 soles, de l’un à l’autre
de ces deux points. Dans la Sierra et la Costa, l’âne est
souvent employé concurremment au mulet, il peut transporter
une charge de 70 kilos. Les mules ont une affection
(1) Une provision de cartouches de dynamite est très utile, aussi bien
aux voyageurs qu’aux colons, pour pêcher dans les fleuves de la
Montana.