XVI
AVANT-PROPOS
même que l’Angleterre, le Japon cherche à s’implanter partout
et ce n’est pas là le concurrent le moins redoutable.
Au Chili, les Allemands nous ont supplantés, dans l’armée,
dans l’Université, dans le commerce, ils se sont infiltrés par
tout, ils ont fait souche, pris les meilleures places et inondent
tout le pays de produits allemands.
Le Pérou est un des rares pays où ils ne se soient pas subs
titués à nous ; là, en effet, nous le répétons, l’influence fran
çaise s’est maintenue dans son entier, non que nous ayons
fait quelque chose pour cela, mais en raison de la sympathie
que nous témoignent les Péruviens, par suite peut-être d’une
certaine affinité de caractère. C’est à une mission d’officiers
français que le gouvernement péruvien a confié l’éducation de
ses cadres, ce sont des ingénieurs et des professeurs français
qui professent à l’École des Mines et dans les grandes écoles
de Lima.
Nous devons donc, non seulement défendre, mais accroître
notre influence dans ce pays en y faisant participer nos capi
taux et en allant nous y établir ; le Français peut s’en aller au
Pérou comme chez un ami, sans crainte d’être mal reçu.
Nous souhaitons que ce travail puisse contribuer, pour sa
faible part, à faire sortir de notre vieille Europe une jeunesse
trop hésitante et tenue en tutelle, des capitaux timorés, plus
disposés à faire un accueil sentimental à des emprunts étran
gers d’un remboursement aléatoire, qu’à l’idée d’une entre
prise lucrative à tenter en pays lointains.
Nous avons espéré stimuler l’intérêt que de nos jours chacun
devrait porter à des questions devenues universelles. Puisse
cet ouvrage, malgré ses imperfections et ses lacunes, permettre
à tous de se faire une opinion sur le Pérou qui est un des
pays dont nous avons gardé le meilleur souvenir.
P. W.