LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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corps d’ingénieurs des ponts et chaussées bien organisé.
Pour tous les travaux publics importants, routes, chemins
de fer, ports, il traite directement avec des entreprises
particulières ; la Péruvian Corporation entreprend une
grande partie de ces travaux qu’elle mène à bien avec
plus ou moins d’empressement.
Les travaux maritimes ont de tout temps été fort né
gligés ; seul le Callao possède des docks artificiels fort bien
conçus, œuvre d’une société française ; les autres ports
sont à l’état de nature, avec quelques môles ou wharfs,
mal conçus et dans un état tout à fait embryonnaire.
Le gouvernement péruvien ne s’occupe que fort peu
de la construction des églises, préfectures, mairies, etc.
Dans les villes de l’intérieur, les municipalités ont à cet
égard la plus large autonomie, le gouvernement n’inter
vient que pour procurer les plans et les ingénieurs et
faciliter les emprunts s’il y a lieu. Il est vrai que dans
les départements péruviens, les préfets ne sont pas comme
chez nous logés dans des palais ; fort loin de là, sous ce
rapport, ces fonctionnaires ne sont pas très privilégiés.
XIII. — Jusqu’en 1886, l’organisation de la police lais
sait grandement à désirer ; elle ne se composait alors que
de simples fractions, commandées par des officiers de
l’armée, et placées sous le même régime que celle-ci,
mal payées, et susceptibles d’être mobilisées comme
troupes de ligne. Cet état de choses engendrait de nom
breux abus et actes d’arbitraire de la part des agents
de cette police vis-à-vis d’une certaine partie de la popu
lation. Il faut reconnaître que depuis, des réformes
importantes ont été réalisées. Un des premiers essais
employés avec succès à Lima fut, outre l’amélioration des
conditions matérielles de la garde civile, le décret garan
tissant l’avancement hiérarchique depuis le poste modeste