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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
jusqu’à 2 millions d’hectares accordées ces dernières an
nées à diverses sociétés, entre autres à la « Peruvian
Corporation. »
Au Pérou et dans presque toute l’Amérique espagnole,
on désigne, sous le nom d'hacienda, une portion quel
conque de territoire cultivable en totalité ou en partie,
dont l’étendue n’est pas inférieure à 35 hectares. Dans
toute hacienda, il existe un édifice plus ou moins important
nommé las casas (les maisons), qui sert en même temps
d’habitation pour le propriétaire lorsqu’il se trouve à l’ha-
cienda, et pour le mayordomo ou intendant, en même
temps que de bodega ou dépôt pour les marchandises et
les outils. Le gouvernement intérieur d’une hacienda dépend
uniquement de ses propriétaires ; mais ces derniers ne
peuvent se soustraire à l’inspection et à la juridiction des
autorités locales.
On désigne sous le nom de chacara, ou de chacra,
toute hacienda dont l’extension n’excède pas 30 hectares
ni moins de 15 ; une hijuela est une propriété de 5 à 15 hec
tares. On appelle quinta la propriété de 5 hectares et
moins. Les dénominations de chacra et de hijuela sont
parfois synonymes, quand il s’agit par exemple de diviser
une hacienda pour la vendre ou la répartir entre héritiers.
Dans la pratique le mot chacra signifie une propriété peu
étendue : généralement les chacras sont toujours mieux
cultivées en raison de leur superficie plus réduite et propor
tionnellement produisent souvent plus que certaines' ha
ciendas. On y cultive des fruits et de s plantes maraîchères,
de là le nom primitif de chacra qui s’applique à toutes les
cultures de ce genre. Les quintas existent seulement aux
environs des villes, il faut les considérer comme des villas
ou des maisons de campagne ; elles atteignent une grande
valeur et elles sont d’un bon rapport. Quelques quintas