3
LE PÉROU ÉCONOMIQUE
teur, est vaincu par le vice-roi Pedro de la Gasca qui le fait
décapiter. Ceux qui avaient donné à l’Espagne le tiers d un
continent moururent donc tous au Pérou, victimes de leurs
discordes et de leur ambition.
Avec l’arrivée des Espagnols qui ne respectèrent rien des
institutions établies, ce fut la fin du bien-être relatif dont
jouissait la grande masse de la population. L’agriculture,
qui était un grand honneur, fut abandonnée pour l’exploi
tation à outrance des métaux précieux. Les plaines au
jourd’hui arides de la Costa étaient irriguées par un
admirable système d’aqueducs, et les pentes mêmes des
monts étaient aménagées pour la culture à l’aide de gradins
superposés. A l’heure actuelle, les vestiges de ces travaux
font encore l’admiration des étrangers qui ont l’occasion
de les visiter.
Quand Pizarre en entreprit la conquête, le Pérou pos
sédait aussi un magnifique système de chaussées, routes
et chemins vicinaux qui reliaient entre elles les différentes
parties du pays. Uniquement guidés parla soif de l’or, les
Espagnols ne respectèrent rien pendant les trois siècles
que dura leur domination ; aujourd’hui, tous ces travaux
ont cessé d’exister, et de ces chemins royaux construits
par les Incas et comparables aux grandes voies romaines,
il ne reste plus que des vestiges, de grande importance
sans doute au point de vue archéologique, mais de peu
d’intérêt au point de vue pratique.
Courbé sous le rude joug de l’Espagne, le Pérou déclina
rapidement, les sommes immenses retirées de ses mines
étant toutes expédiées en Espagne. La population, qui était
de 10.000.000 d’habitants se réduisit à moins de deux; il
faut en chercher la raison dans les massacres d’indigènes
que provoqua le fanatisme espagnol, et surtout dans le
rude impôt de la mita qui en fit périr un grand nombre