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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
ne puisse le blesser. Il arrive souvent que la tonte des
alpacas ne se fait que tous les deux ans. Elle produit six
livres d’une laine longue de 20 centimètres.
XVII. — La faune de la Sierra est un peu mieux
pourvue que celle de la Costa ; cependant cette zone n’a
pas non plus assez de végétation pour attirer les animaux
sauvages. Il y existe cependant quelques carnassiers, des
renards, le barruco ou daim des sierras et un certain
nombre de petits animaux, sans compter les cochons et
les cobayes (1) dont on élève un grand nombre.
Un certain nombre de cours d’eau sillonnent cette
région : les uns, les moins nombreux, se dirigent vers le
Pacifique ; les autres, tous affluents de l’Amazone, et l’Ama
zone elle-même, coulent dans la direction de l’Atlantique,
en faisant des détours sans fin à travers le dédale mons
trueux des montagnes qui contrarient constamment leurs
cours. Pendant leur parcours dans la Sierra, ces cours
d’eau semblent ne faire vivre aucun amphibie ; ceux-ci,
lamantins, loutres et une sorte de petits phoques, ne com
mencent à se montrer que dans la Montana. Les poissons,
sans être rares, ne se trouvent en abondance que dans la
même zone orientale.
On aperçoit le condor, ce roi des Cordillères, partout
dans la Sierra, mais principalement pendant l’été : malgré
la force de ses ailes immenses, on le rencontre peu à une
altitude dépassant 4.500 à 5.000 mètres, où l’air se raréfie
de plus en plus. Quoi qu’on en ait dit, ce géant ailé fré
quente fort peu les montagnes couvertes de neige ; il n’aime
pas les glaciers ni le froid excessif, d’ailleurs il n’y saurait
que faire et n’y trouverait aucune proie.
(1) Dans une grande partie de la Sierra, les oiseaux de basse-cour sont
le plus souvent remplacés par des cochons d’Inde, qui sont élevés dans
les habitations mêmes. Il s’en fait une grande consommation.