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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
inférieure du pantalon et grimpe le long des jambes que les
chaussettes et les caleçons sont impuissants à protéger
contre des milliers de piqûres. Rien n’est plus exaspérant
que d’être envahi par une nuée de moustiques ; quelques
piqûres énervent déjà sensiblement, mais un grand nombre,
contre lesquelles on ne peut se défendre, irritent à tel point
le voyageur, même au caractère le mieux fait, qu’il tombe
dans des accès de fureur et de rage incroyables : c’est un
ennemi qui décourage les meilleures volontés. Souvent, à
une journée de fatigue et de privations, on n’a pour tout
repos qu’une nuit de supplice.
Ces minuscules animaux sont certainement doués d’un
instinct étonnant, on peut dire que l’odeur de l’homme les
fait accourir de tous côtés. Souvent, on arrive à un endroit
où il n’y avait pas un seul zancudo, quelques minutes après
ils arrivent de toutes parts par légions (1).
Si la moustiquaire employée a une petite ouverture, ils
y pénètrent en grand nombre et ne laissent plus au corps
un moment de repos. Le meilleur moyen de s’abriter contre
les moustiques, c’est de tendre sa moustiquaire de bonne
heure, quand l’ennemi n’est pas encore arrivé, car si
l’on attend la nuit, il sera impossible de ne pas en enfermer
quelques-uns avec soi ; alors le supplice commence. La
moustiquaire doit être grande, de façon à pouvoir être
glissée sous les quatre côtés du matelas. Dans les bara-
cons (2), le meilleur moyen de se préserver des moustiques
c’est de fermer toutes les portes avant la nuit. Il est vrai
que dans les maisons ainsi closes il fait une chaleur suffo
cante, mais de toute façon elle est plus supportable que
les zancudos.
(1) On emploie avec succès contre les piqûres de moustiques, de la
teinture d’iode légèrement diluée dans l’eau.
(2) Sorte de factoreries.