LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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Si l’on était pour vivre longtemps dans la région, il
serait préférable de construire une habitation avec de
grandes fenêtres, sur lesquelles on pourrait adapter un
châssis couvert d’une gaze, ou mieux d’une toile métal
lique, de façon que l’air puisse entrer librement, sans livrer
passage aux maudites bestioles, les ennemis infatigables
des habitants des régions basses de l’Amazonie péruvienne,
auprès desquels la fièvre semble un mal insignifiant.
VII. —C’est surtout pendant la saison des pluies (de
novembre à mai) que la fièvre sévit, mais plus particuliè
rement au commencement et à la fin de cette saison ; au
commencement, en raison des alternatives de sécheresse
et d’inondation, qui permettent aux miasmes délétères
de s’élever et de se répandre ; à la fin, alors que les fleuves
et les lacs débordés rentrent dans leurs lits, laissant à nu
de grands espaces marécageux dont les rayons du soleil
précipitent la décomposition.
La fièvre est dite tierce (ierciana) lorsque les accès en
sont quotidiens ; chez les personnes que ce malaise atteint
Pour la première fois, la fièvre présente trois stades bien
marqués : 1° tout d’abord, des frissons plus ou moins longs
nvec claquements de dents et crampes de jambes; 2° trans
pirations abondantes ; 3° sensation de chaleur excessive.
Chez les acclimatés elle n’offre que ces deux derniers
symptômes : elle s’annonce par un accablement général,
des douleurs vagues dans les articulations, et quelquefois
uussi, des maux de reins. Les accès ne sont pas inter
mittents chez les acclimatés, ils ne s’en ressentent généra
lement qu’après plusieurs mois. Toutefois un travail forcé
uu soleil, des excès variés se paient le plus souvent par
un accès de fièvre.
Le traitement de la fièvre est facile et à peu près par-
t°ut le même; un vomitif, suivi d’une purgation saline