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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
commencent à baisser et sont moins propres à s’adapter à
une nouvelle vie et à un nouveau climat.
Comme conseils pratiques, nous devons ajouter que
l’Européen qui veut voyager ou s’installer dans les régions
de la Montana, devra savoir faire beaucoup de choses par
lui-même : faire la cuisine, le charpentier, chasser et
pêcher, savoir faire du commerce et très souvent faire le
médecin. Les indigènes et les métis ont souvent recours
aux blancs pour adoucir leurs maux ; pour ces pauvres gens
l’Européen doit tout savoir et avoir réponse à tout, sans
cela il perdrait son prestige ; bien plus il serait considéré
en ennemi, car son ignorance serait taxée de mauvaise vo
lonté. C’est en se faisant les éducateurs patients des
Indiens, en les renseignant et en essayant de porter remède
à quelques-unes de leurs maladies, que certains colons
se créent une influence et certaines facilités dans leurs éta
blissements.
De même, pour voyager sur le versant oriental des
Andes péruviennes où le numéraire est peu apprécié, il
est indispensable de se munir d’une petite pacotille d’ar
ticles variés, tels que : hachettes, couteaux, ciseaux,
aiguilles, miroirs, chapelets, médailles, mouchoirs et
foulards de couleurs vives ; ceci, pour les échanges et les
cadeaux, car le cadeau est, auprès de l’Indien des hauts
plateaux delà Cordillère, comme aussi auprès des Indiens
m&nsos (soumis) et bravos (sauvages), de la Montana,
bien plus utile que l’argent.
Comme arme, le revolver et un fusil de chasse muni
d’un canon rayé ; les cartouches doivent toujours être à
enveloppes métalliques, à cause de l’humidité qui fait se
gonfler les douilles en carton et parce qu’elles peuvent
être facilement rechargées.
Dans les forêts de la Montana, le fusil de chasse est