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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
climat est relativement tempéré et des plus sains, particu
lièrement sur le Pajonal, que nous n’hésitons pas à signa
ler comme une région d’avenir. Il en est de même des ter
ritoires situés entre le Pichis, le Palcazu et le Pachitea.
Au nord du Pachitea se trouvent d’immenses plaines
analogues à celles du Pajonal et paraissant plus riches
encore, ce sont les pampas dites Pampas del Sacramento.
Nous ne dirons rien de ces plaines qui s’étendent jus
qu’au Maranon, car elles sont restées inexplorées jusqu’à
présent et servent de refuge aux Indiens Cashibos, consi
dérés à tort ou à raison comme des sauvages sanguinaires,
anthropophages même ; ces guerriers féroces et de si mau
vaise réputation nous paraissent plutôt être les victimes
des autres tribus qui les chassent et les exterminent pour
s’emparer des femmes et des enfants. Les territoires qui
s’étendent depuis le Chanchamayo jusqu’à l’Apurimac et
ceux compris entre l’Eni et l’Urubamba, jusqu’au 11° 3’,
méritent de retenir l’attention au même degré que ceux que
nous avons déjà nommés, mais cela, quand ils seront
pourvus de communications praticables. Il est bien entendu
que tous les établissements agricoles, commerciaux et
autres devront toujours s’établir là où les communications
par eau ou par terre sont ou seront les plus rapides.
XVII. — Devant le développement croissant de cer
taines parties de la Montana, particulièrement de la région
d’Iquitos et des environs des confluents du Tambo et de
l’Urubamba, le gouvernement péruvien a compris qu’il
était indispensable, ce qui d’ailleurs a toujours été son
ambition, de desservir ces fertiles contrées en les reliant
à la côte du Pacifique et à l’Atlantique par les grandes
artères fluviales de l’Amazone. A cet effet, continuant
l’œuvre patriotique commencée il y a plus de trente ans
déjà, mais depuis longtemps interrompue par suite de