Full text : Le Pérou économique

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LE  PÉROU  ÉCONOMIQUE

territoire,  des  lignes  ferrées  qui,  restées  inachevées,  ne
constituèrent  jusqu’à  aujourd’hui  que  des  amorces,  sans
utilité  pratique.  11  conviendrait  plutôt  de  ne  céder  à  aucune
sollicitation  et  de  consacrer  toutes  les  ressources  disponibles ­
  à  l’achèvement  de  la  voie  du  Pichis  (via  centrale)
qui  paraît  la  plus  avancée.  Il  semble  qu’arrivé  sur  les
rives  de  ce  fleuve,  toutes  les  difficultés  ne  seront  pas  encore
vaincues  et  qu’il  faudra  poursuivre  l’effort  jusqu’à  l’Ucayali
si  l’on  ne  veut  pas  avoir  travaillé  en  pure  perte.
Malgré  la  bonne  volonté  du  gouvernement  et  de  ceux
qui  se  sont  occupés  de  ces  questions  importantes,  il  faut
reconnaître  que  le  problème  de  la  navigation  à  vapeur  sur
les  rios  Huallaga,  Perené,  Palcazu,  Pichis,  Tambo,  etc.,
n’est  rien  moins  que  résolu,  en  ce  sens  que  si  ces  fleuves
sont  navigables  en  canot,  il  ne  s’ensuit  pas  qu’ils  le  soient
toute  l’année  pour  des  vapeurs,  même  calant  fort  peu,  car
ils  présentent,  suivant  les  crues  occasionnées  par  des
pluies  plus  ou  moins  abondantes,  une  grande  instabilité
dans  leur  vitesse  et  leur  profondeur.  Pendant  l’hiver,  les
fleuves  et  rivières  de  la  Montana  roulent  un  volume  d’eau
tellement  considérable  que  dans  certaines  régions  la  crue
dépasse  25  mètres  d’élévation  ;  ces  torrents  entraînent  des
végétaux  et  des  arbres  immenses,  si  bien  que  cette
saison,  qui  devrait  être  favorable  à  la  navigation  puisque
lesrapid.es,  lorsqu’il  en  existe,  sont  couverts  parles  eaux,
est  au  contraire  dangereuse,  surtout  en  remontant  le  courant, ­
  en  raison  de  la  vitesse  de  ce  dernier  et  des  épaves  qu’il
roule  sur  son  parcours.  C’est  pourquoi  les  maisons  d  ’lquitos
qui  ne  possèdent  pas  encore  de  vapeurs  calant  peu,  mais
pourvues  de  machineries  puissantes,  ne  se  soucient  pas  de
risquer  leurs  bateaux  sur  ces  rios  trop  souvent  dangereux  (  1).
(1)  Pour  éviter  ces  difficultés,  un  de  nos  compatriotes,  M.  Olivier  Ordinaire, ­
  ancien  consul  au  Gallao,  qui  avait  été  frappé  des  inconvénients  et
            
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