LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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griffes sont d’une grande ténacité, il est impossible de lui
faire lâcher la branche sur laquelle il s’est réfugié sans la
casser ; ce pauvre animal, inoffensif, est la victime de
tous ceux qui le rencontrent.
La Montana renferme aussi une grande variété de
singes. La première place revient au singe hurleur, singe
rouge, dont les hurlements s’entendent de fort loin et sur
prennent désagréablement ceux qui ne sont pas habitués à
ce concert diabolique; le sinistre marimonda (Atele niger),
le frailecito ou petit moine, le plus mignon des singes
d’Amérique (Chrysotrix phareus), plusieurs variétés
de macaques, de ouistitis, de coaïtas, dont on fait une
grande consommation, car la chair du coaïta et dumaqui-
sapa, pillards intelligents, souples et nerveux, que 1 on
rencontre dans toutes ces régions en plus ou moins grand
nombre, ligure comme le principal plat de résistance sur
ta table des voyageurs et des traitants.
On rencontre souvent dans toutes les régions basses de
l’Amazonie, une sorte de chauve-souris dont le corps est
de la grosseur d’un pigeon au maximum, on la nomme
vampire, ainsi qu’une autre petite espèce de la taille de
celles de nos climats. Cette chauve-souris vit du sang de
fous les animaux qu’elle peut saigner pendant leur
sommeil. S’il est vrai que les animaux piqués fréquem
ment s’affaiblissent peu à peu et deviennent anémiques, il
est faux que ces piqûres puissent entraîner la mort d’un
homme ; l’imprudent qui s’est endormi dans la forêt sans
être entouré d’une moustiquaire, s’il est piqué à l’orteil,
endroit préféré par le vampire sans doute parce qu’il est
découvert, s’en tirera avec quelques jours de faiblesse.
C estégalementune légende fausse, que ces chauves-souris
maintiennent leurs victimes endormies en leur procurant
mm sensation de fraîcheur, en les éventant doucement