LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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d’aliment principal aux indigènes, aux chercheurs de
caoutchouc et à tous les ouvriers métis ou indiens qui
travaillent à bord des vapeurs et des établissements
installés sur les bords des fleuves. C’est un objet de pre
mière nécessité et à ce titre il est intéressant d’en con
naître la valeur pour avoir une idée des dépenses occa
sionnées sur une exploitation par les ouvriers de couleur.
Le païche, appelé pirarucu par les Brésiliens, se prépare
presque entièrement dans l’Ucayali où il est très nombreux :
c’est avec le caoutchouc le principal fret des vapeurs qui
sillonnent ce cours d’eau; on le vend à raison de 18 à
20 soles les cent morceaux de 5 à 6 livres de poids ; ce
prix varie généralement fort peu. Il n’en est pas de môme
des charapas, sorte de grosses tortues d’eau douce très
appréciées, comme comestible, surtout dans la région d’Iqui-
tos. A l’époque de la baisse des eaux qui est celle où ces
tortues se répandent sur la plage pour faire la ponte, elles
valent moins d’un franc pièce ; mais après cette époque les
prix augmentent progressivement. La valeur moyenne est
généralement de un sol.
On fait un grand usage de la chair de cette tortue dans
la population moyenne, en raison de la cherté de la viande
de boucherie qui n’est pas très abondante et se vend à
raison de 0 fr. 50 la livre dans les morceaux inférieurs. A
Iquitos un mouton vaut de 7 à 8 soles, un porc élevé par
les Indiens vaut 5 soles. Dans cette région, on ne trouve
de pain qu’à Iquitos et dans les principales agglomérations ;
la farine, qui vient des États-Unis, vaut 30 à 35 centimes la
livie, le pain également (Iquitos). Le biscuit ou galleta
sèche est d’un usage plus fréquent que le pain ; de prove
nance américaine, il se vend à raison de 3 fr. 75 la boîte
de 12 livres. Ce sont là les prix de gros à Iquitos ; ils
varient considérablement suivant les régions.