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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
prix dans des conditions qui l’empêchent d’affronter la
concurrence déjà rendue impossible par la surproduction
des cafés brésiliens.
Les principales plantations de café se trouvent dans les
régions de Garabaya, Huanuco, Choquisongo et Chan-
chamayo.
La préparation d’un hectare de terrain pour planter du
café revient à 160 francs ; la culture et la récolte à 12 fr. 50
les 46 kilos. La récolte se fait d’une façon normale à
partir de la troisième année avec un rendement d’une livre
à une livre et demie par arbuste ; comme en général on
sème de 1.000 à 2.500 plantes par hectare, on obtient une
production de 1.500 à 3.750 litres.
Malgré la baisse du prix de ce produit il s’exporte plus
de 1.500.000 livres de café.
Le Pérou peut donc être relégué au seizième rang parmi
les vingt et quelques nations qui se livrent à l’exportation
du café ; les envois qui sont faits au Chili, en Angleterre
et aux Etats-Unis s’élèvent à environ 1.200.000 kilos.
VI. — C’est du Pérou que nous viennent un grand
nombre de simples des plus efficaces ; les plantes médici
nales abondent dans la Montana et la plupart des Indiens
connaissent une grande quantité de plantes dont les ver
tus sont encore ignorées de la pharmacopée moderne. Le
métier de chasseur de plantes médicinales est très ré
munérateur, il est pratiqué par un certain nombre d’habi
tants des frontières (fronterizos) blancs, indiens et métis.
Les plantes les plus recherchées sont :
Le quinua-quinua, dont on extrait le fameux baume
du Pérou, utilisé pour les affections de poitrine.
Le copahiba ou copayer, dont on extrait le copahu, est
un arbre de taille gigantesque dont le bois serait utilisable
en ébénisterie ; ces arbres, rameux au sommet, ont des