280 LE PÉROU ÉCONOMIQUE
les fourmis et l’humidité en viendront facilement à bout.
Pour détruire rapidement les troncs d’arbre, le meilleur
procédé est le suivant : on fait à l’aide d’une gouge ou
d’un foret un trou d’un pouce de diamètre et de 50 centi
mètres de profondeur. Ceci fait, on y introduit 30 grammes
de salitre (salpêtre, nitrate de soude), puis on remplit avec
de l’eau et l’on bouche soigneusement avec un bouchon
de bois. Ceci doit être fait en automne, et quand arrive le
printemps, on sort le bouchon et on met dans le trou
120 grammes de pétrole; le feu mis, l’arbre brûle jusqu’à
la racine.
Il faut estimer à cent jours de travail normal, pour un
ouvrier muni d’instruments ordinaires (scie, hache et ma-
chète), le temps nécessaire pour débrousser complètement,
préparer et ensemencer un hectare de forêt vierge.
Ces cent jours de travail momentanément improductifs
représentent un capital que l’on peut évaluer à 250 francs
au minimum, qui vient s’ajouter aux 12 fr. 50 exigés par
l’Etat péruvien pour la concession de 2 hectares de terrain
de Montana. Cela, pour dans certains cas, le plus souvent
même à l’heure présente, ne pas avoir la sortie facile des
produits cultivés, et rester en communication difficile avec
les centres civilisés. Il faut aussi tenir compte que le dé
boisement est une opération malsaine par excellence. Les
fièvres plus ou moins pernicieuses, l’anémie palustre sont
les conséquences plus ou moins immédiates d’un déboise
ment effectué sans précautions suffisantes, sous une tem
pérature chaude et humide comme l’est celle de ces ré
gions. Il ne faut donc pas, en général, compter sur l’élé
ment européen pour les cultures tropicales qui paraissent
avoir dans ces pays une attraction spéciale. La preuve en
est dans le fait suivant.
Dans toutes les bourgades situées sur les premiers ver