282
LE PÉROU ÉCONOMIQUE
gables affluents de l’Ucayali et de l’Amazone. Des conces
sions de plusieurs centaines de milliers d’hectares sont
chaque jour sollicitées par de puissantes sociétés anglaises
et américaines; nous avons même eu la satisfaction de
voir les noms de sociétés françaises.
VIII. — C’est l’opinion de tous ceux qui ont visité cette
partie du Pérou, que les seules terres de colonisation et de
peuplement de la Montana se trouvent dans ce qu’il est
convenu de nommer la « Ceja de Montana », qui ne des
cend pas au-dessous de 1.300 mètres d’altitude, et parmi
les meilleures sont celles qui se trouvent dans la « zone
moyenne des quinquinas » (1), c’est-à-dire entre 1.500 ou
2.000 mètres d’altitude.
Dans cette zone une exploitation des richesses végétales
naturelles (2) entreprise par des sociétés sérieuses sur
une échelle suffisante, dans laquelle le travail d’exploita
tion et de culture serait fait par des indigènes et dirigé
par des Européens, pourrait être tentée avec beaucoup de
probabilités, presque une certitude de succès.
IX. — Là, il est vrai, se présente la difficulté signalée,
de la rareté de la main-d’œuvre dans ces régions. Sur la
« Costa », la largeur des vallées qui forment en certains
endroits de véritables plateaux de moyenne étendue per
met l’usage de machines agricoles qui viennent avanta
geusement remplacer la main-d’œuvre. Au surplus, l’im
migration japonaise introduite depuis six ou sept ans, et
qui s’élève à peine aujourd’hui à deux mille cinq cents in-
(1) On sait déjà que la zone des quinquinas est une très étroite bande
qui s’étend entre 1.000 et 3.000 mètres sur les versants de la chaîne
orientale des Andes.
(2) Précédant une exploitation agricole, qui se développerait aussitôt que
les communications deviendraient plus faciles. Au début les cultures de
vraient se limiter au nécessaire pour l’alimentation bon marché des tra
vailleurs.