LE PÉROU ÉCONOMIQUE
283
dividus, a permis d’utiliser dans un bon nombre de plan
tations l’activité de cel élément asiatique qui, malgré les
difficultés de la première heure, occasionnées par l’accli
matation et par l’hostilité des travailleurs indigènes, est
venu très avantageusement suppléer ces derniers.
Le remède n’est pas si facile à trouver dans la « Mon
tana », sauf pour les fortes sociétés disposant de grands
capitauxet de moyensd’actionconsidérables. Là les simples
haciendas sont le plus souvent établies à flanc de coteaux
et l’emploi des machines est pour le moment impossible,
leur transport en serait d’abord difficile et fort onéreux.
L’immigration japonaise n’y pénètre pas encore, car,
comme nous venons de le dire, elle n’est encore qu’à ses
débuts, et à peine débarqués, les individus qui la com
posent sont aussitôt distribués dans les centres agricoles
les plus rapprochés de la côte. Quant à introduire une
main-d’œuvre européenne sur le versant de l’Amazone, il
est inutile d’y songer, les Européens doivent être employés
comme contremaîtres, non comme ouvriers ; cette main-
d’œuvre coûterait aussi très cher. En outre, les essais
tentés par les Français et les Italiens au Chanchamayo et
par les Allemands au Pozuzo et à Oxapampa prouvent,
comme nous l’avons indiqué, que malgré une réussite
apparente, les Européens n’étaient pas faits pour supporter
indéfiniment, sans dégénérescence, les rudes travaux des
terres incultes, le défrichement d’épaisses forêts, dans les
quelles s’accumulent depuis des siècles d’épaisses couches
d’humus, sous un climat où un effort prolongé conduit à
1 anémie si l’on n’ajoute pas à l’alimentation végétale, la
plus usitée parce qu’elle s’offre d’elle-même, une nourri
ture plus substantielle que dans une exploitation bien
comprise on peut tout aussi facilement se procurer. Le
contraire semblerait étonnant, lorsqu’on sait que les ri