Full text : Le Pérou économique

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LE  PÉROU  ÉCONOMIQUE

XII.  —  Sauf  les  Campas  qui  sont  d’une  taille  au-dessous
de  la  moyenne,  tous  ces  Indiens  sont  bien  découplés  et
présentent  une  assez  forte  musculature.  Les  Campas  se
rencontrent  sur  le  Paucartambo,  l’Apurimac,  le  Tambo,  et
nombre  d’autres  rivières,  ces  Indiens  sont  plus  sédentaires
que  tous  les  autres,  ils  se  divisent  en  deux  grandes  sections: ­
  les  Catongos,et  les  Catongosâtes,  chacune  de  ces
sections  parle  un  dialecte  distinct  dérivé  de  la  langue
mère.
Ces  sauvages  sont  assez  travailleurs  et  commerçants  ;
ils  s’occupent,  dans  la  région  de  Acon  par  exemple,  de  recueillir ­
  de  la  vanille  et  du  cacao  de  leurs  forêts  et  viennent
les  échanger  avec  des  commerçants  ou  hacendados  de
cette  région.  Une  grande  partie  du  maïs  et  du  manioc  qu’ils
récoltent  est  employée  par  eux  à  faire  de  la  chicha.  (boisson
fermentée).  Ils  font  aussi  un  grand  usage  de  coca  qu’ils
mâchent  continuellement.  Ils  ont  une  grande  prédilection
pour  lâchasse  et  pour  la  pêche,  ils  sont  très  adroits  dans
la  confection  de  pièges  de  toutes  sortes  et  dans  le  tir  à
l’arc  ;  ils  pêchent  généralement  en  empoisonnant  l’eau  des
rivières  à  l’aide  de  la  racine  d’une  plante  vénéneuse  nommée ­
  cubi,  qu’ils  cultivent  à  cet  effet.
Ces  Indiens,  dont  quelques-uns  sont  catéchisés,  croient
confusément  à  une  divinité  qu’ils  nomment  Genoquenire
et  à  un  esprit  du  mal  qu’ils  craignent  davantage,  appelé
Camagari  ;  ils  sont  surtout  très  superstitieux  et  ont  une
foi  aveuge  en  la  sorcellerie.
Les  Campas  sont  polygames,  mais  il  est  rare  de  voir  un
jeune  homme  posséder  plusieurs  épouses  ;  les  hommes  faits

pour  satisfaire  son  appétit,  mais  pour  se  donner  une  partie  du  courage
qui,  pendant  sa  vie,  avait  animé  le  guerrier  tué.  On  retrouve  les  mêmes
usages,  ainsi  que  celui  de  momifier  les  têtes  des  ennemis  tués,  chez  les
nations  tupies  qui  peuplaient  autrefois  le  Brésil.
            
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