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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
s’habituent pourtant les autres Indiens. Ils sont en gé
néral braves et ne craignent pas de s’attaquer à des
groupes plus nombreux que les leurs. Dans leurs corre-
rias, ou expéditions contre les autres tribus, ils s’emparent
des femmes et des enfants pour les vendre ou s’en servir
comme d’esclaves. Ils traitent ces derniers avec douceur,
de façon que leurs prisonniers ne cherchent pas à
les quitter après quelque temps de servage. Ces
Indiens qui font du commerce avec les traitants de
l’Ucayali, s’habillent de pantalons et de chemises qu’ils
échangent, ainsi que des haches et couteaux, contre du
caoutchouc; ils échangent à leur tour l’excédent de leurs
marchandises avec d’autres Indiens. La coutume de se
peindre le visage, les mains et les jambes est générale
ment observée ; ils font, sur ces membres, des dessins
symétriques du meilleur goût, à l’aide du fruit du huito
qui donne une couleur noir bleuté. En cas de guerre,
ils se peignent en rouge avec de Va.ch.iote.
Les femmes piros ne portent pas d’autres vêtements
que la pampanilla, sorte de pagne qui les couvre de la
ceinture aux genoux; elles joignent à ce vêtement très
simple une ceinture composée d’un grand nombre de
perles de couleur blanche, et des colliers de différentes
couleurs combinées avec goût. Ce sont les femmes qui
sont naturellement chargées des plus durs travaux, elles
servent de rameurs, abattent du bois, défrichent, sèment,
tissent, et peignent les hommes et elles-mêmes. Elles
aident en outre leurs maris à extraire le caoutchouc.
Les Piros sont polygames comme tous les Indiens,
possédant autant de femmes qu’ils peuvent en acheter et
entretenir; ces femmes vivent dans la meilleure harmonie,
et se traitent de la manière la plus cordiale.
Quand un Piro meurt, on l’enterre dans sa case comme