304
LE PÉROU ÉCONOMIQUE
platine y aurait été découvert récemment (1). Cependant,
des milliers de ces mines restent inconnues, inexploitées
ou abandonnées, faute de ressources suffisantes et de
moyens de transport et de communication, si bien que
toute cette richesse minière contribue pour bien peu à ali
menter le budget de l’Etat et que le Pérou ne joue qu’un
rôle insignifiant parmi les nations productrices de mi
néraux.
II. — Lorsqu’on sait que pendant l’époque de domination
espagnole jusqu’à 1803, plus de dix milliards de francs de
minerais d’or et d’argent furent extraits du sol péruvien et
qu’à cette époque près de deux cents mines de ces métaux
fonctionnaient encore, on a de la peine à s’expliquer la
décadence ou plutôt l’état de stagnation actuel de l’indus
trie minière au Pérou.
Cet arrêt dans la production est surtout dû, en outre
des motifs déjà énoncés, au défaut de connaissances géo
logiques du territoire, à l’empirisme qui préside aux exploi
tations et aux procédés routiniers employés dans la fonte
et l’amalgamation des métaux. Sauf quelques mines
appartenant à de fortes sociétés, toutes les autres ne sont
exploitées qu’à la surface et suivant la richesse métallique
des minerais. Le travail s’opère sans méthode, sans plan
ni étude préparatoire des filons ou couches ; aussitôt que les
galeries commencent à être inondées et que l’eau ne peut
être épuisée à l’aide de seaux, l’usage de la pompe étant
peu répandu, la mine est abandonnée. L’arrêt des travaux
dans d’autres exploitations telles que celles de Cerro de
(1) Sans être aussi nombreuses qu'en Colombie, on rencontre aussi au
Pérou des mines d’émeraudes, surtout dans le département d’Arequipa,
où elles sont l’objet d’un commerce important. On trouve aussi, dans
diverses provinces, une pierre assez curieuse nommée piedra de galli-
nazo ou pierre de vautour (urubu). C’est une sorte de vitrification volca-
niqué qui sert comme parure de deuil.