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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
tons pas de l’avoir faitpendant notre second séjour dans les
canaux fuégiens, que prospecteur ou laveur d’or, car ce
dernier paiera toujours fort cher les vêtements et les
vivres nécessaires à la vie ; l’avantage demeure donc à
celui qui ne va dans les placers que pour vendre.
Nous le répétons, une saison de lavage d’alluvions
comme celle d’un chercheur de caoutchouc, est chose
pénible et ne doit être entreprise que par ceux qui se sen
tent l’énergie et la volonté nécessaires et qui savent bien
ce qu’ils veulent et où ils vont ; il serait dangereux de se
lancer dans une expédition de ce genre sans s’être au
préalable rendu compte des ressources que l’on pourra se
procurer sur les lieux où on se propose d’aller et de l’appui
sur lequel on pourra compter..»
XVII. — Les mines de mercure, cinabre ou vif argent
sont très nombreuses dans les régions de Huancavelica,
Chonta et Puno ; mais quoique le mercure soit d’un usage
courant au Pérou ou ce produit est très demandé, la plu
part des gisements ne sont que peu ou pas exploités.
La plus célèbre des mines de mercure est celle de
Santa-Barbara, située dans la province de Huancavelica.
Cette mine, découverte au seizième siècle, a fourni jusque
vers 1866 plus d’un million de quintaux de mercure ; elle
s’enfonce sous terre jusqu’à une profondeur de près de
500 mètres, à travers des grès imprégnés de cinabre; il
y a des galeries de 800 mètres de longueur sur 5 de large
et 4 de hauteur.
Cette mine, exploitée d’une façon par trop primitive,
se vit peu à peu envahie par les eaux, si bien que l’exploi
tation en devint à peu près impossible.
En 1890, cette mine, qui était propriété de l’État, fut
cédée à une société anglo-péruvienne fondée au capital
de 200.000 livres. Cette société a entrepris aussitôt les