Full text: Le Pérou économique

LE PEROU ECONOMIQUE 
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C’est un fait indéniable pour tous que la France 
n’occupe plus, dans les républiques de l’Amérique du Sud, 
le rang qu’un moment elle avait réussi à atteindre par 
son génie propre, ses innovations artistiques, commerciales 
et industrielles. 
Au Brésil, dans la République Argentine, au Chili, au 
Pérou, dans ces pays où nous jouissons cependant de 
l’estime et de la sympathie générales par la douceur et la 
noblesse de notre caractère, notre esprit vivace et le goût 
indiscutable de nos produits, nous nous sommes laissé 
distancer par l’Angleterre d’abord, puis l’Allemagne, les 
États-Unis et quelquefois la Belgique. L’heure est donc 
difficile au point de vue économique. 
Durant ces vingt dernières années, la progression de 
nos exportations dans les pays déjà nommés n’a été que 
de 11 pour 100, tandis que celle des exportations alle 
mandes atteignait 72 pour 100 contre 46 pour 100 à l’An 
gleterre, 35 pour 100 aux États-Unis, et 32 pour 100 la 
Belgique. 
Il est superflu de dire que cette infériorité est surtout 
imputable à notre main-d’œuvre qui est plus chère que 
dans les pays voisins, ce qui augmente la valeur des 
objets de 20 à 25 pour 100, ensuite à l’inertie, à la mau 
vaise volonté même de nos producteurs qui se confinent 
dans des procédés routiniers. 
Tout change, tout progresse. C’était déjà la vérité 
autrefois, et il deviendra désormais de plus en plus évi 
dent qu’il faut aller chercher au loin la clientèle, qui, 
sollicitée de toutes parts, a perdu l’habitude de venir à 
nous. 
L’heure est favorable pour essayer de remonter le cou 
rant et rattraper si possible nos concurrents. Les travaux 
préliminaires exécutés par les Américains dans l’isthme
	        
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