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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
le voyageur de commerce. — Il est indiscutable que la
principale difficulté réside dans ce que nous n’envoyons
pas sur les marchés sud-américains assez de commis-
voyageurs connaissant bien la langue et les coutumes des
pays qu’ils sont appelés à visiter. Lorsqu’on peut discuter
des conditions d’un achat avec l’acheteur lui-même et
dans sa propre langue, celui-ci se laisse plus facilement
séduire, et l’affaire est plus rapidement traitée.
Les voyageurs, par les connaissances qu’ils acquièrent
dans les pays qu’ils parcourent, contribuent fortement à
la création de comptoirs commerciaux, où ils sont de pré
cieux auxiliaires.
Dans la plupart des républiques sud-américaines, les
voyageurs de commerce sont obligés d’acquitter une
patente et des droits sur les échantillons. Au Pérou, ces
droits sont bien moins élevés que dans les autres Etats,
et encore ne sont-ils pas exigés partout. En outre, on a
tort de croire que tous les commis-voyageurs doivent
traîner avec eux d’innombrables colis d’échantillons ; s’il
en est qui voyagent avec de véritables cargaisons, la plu
part n’ont que très peu de bagages. Ces derniers sont
surtout ceux qui ont pour mission de rechercher des rela
tions nouvelles, de solliciter des consignations, de faire
des achats et d’ouvrir des crédits pour tous les ordres qui
leur seraient remis.
Ces voyageurs, il est vrai, entraînent à des frais
devant lesquels presque tous les industriels reculent.
Pourquoi ne suivraient-ils pas l’exemple des industriels
allemands qui, considérant que les frais d’un voyageur
seraient trop considérables pour une seule maison, se
réunissent plusieurs, fabriquant des objets différents pour
envoyer à frais communs un représentant visiter telle ou
telle contrée? Il y aurait grand avantage pour nos com-