358
LE PÉROU ÉCONOMIQUE
qu’ils considéraient comme intangibles, mais qu’ils
n’avaient rien fait pour conserver, en n’envoyant personne
pour prendre contact et engager aux achats, bon nombre
d’industriels jettent les hauts cris et accusent fréquemment
nos consuls de se confiner dans les affaires politiques ou
diplomatiques, et de placer au dernier plan les préoccupations
d’ordre économique. Ces reproches sont en grande
majorité sans fondement, car nombreux sont les rapports
consulaires les plus documentés, qui sont mis à la disposition
de nos négociants, mais que personne ne lit, sans
doute, parce qu’il y aurait beaucoup à apprendre.
Si nos commerçants voulaient se donner la peine de lire
de temps à autre le Moniteur universel du Commerce
et les « Rapports commerciaux des agents consulaires et
diplomatiques », ils y trouveraient grand profit et se rendraient
compte que ces rapports consulaires dénotent, de
la part de leurs auteurs, une parfaite connaissance des
questions commerciales et une grande largeur de vues.
En réalité, cette réputation faite à nos consuls est le plus
souvent imméritée, car ils sont de bons conseils et avertissent
à temps des difficultés que rencontre l’écoulement
de certains produits. La faute incombe uniquement aux
principaux intéressés qui ne veulent pas les écouter.
Ces rapports très étudiés passent chez nous inaperçus.
Il n’en est pas de même chez nos rivaux qui s’en inspirent
souvent.
IX. — Les industriels français semblent ne vouloir rechercher
que les bénéfices qui leur sont garantis par nos
tarifs protectionnistes et négligent de se renseigner sur
les goûts et les ressources du consommateur, connaissances
qui sont la base nécessaire pour introduire n’importe
quel article en pays étranger. Malgré des avertissements
réitérés les producteurs ne veulent pour la plupart