LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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tenir aucun compte des goûts du client, que le plus souvent
ils ignorent.
Il est indiscutable que notre industrie ne peut que péricliter
davantage si elle ne veut pas tenir compte du goût
du consommateur. Or, le goût des clients ordinaires, qui
sont la grande majorité, est qu’il ne faut pas d’articles
trop chers, fussent-ils des meilleurs et d’un grand usage.
Il est certain que beaucoup de populations, incapables
de distinguer entre les produits qu’on leur offre, s’obstinent
à des habitudes traditionnelles auxquelles il faut savoir se
plier; jamais l’indigène ne consentira à payer plus cher
pour être mieux servi. Comme fiche de consolation, nous
avons coutume de dire que les Allemands ne fabriquent
que des objets de catégorie inférieure — qu’importe s’ils
les vendent en retirant de gros bénéfices ? — Il pst préférable
de fabriquer des produits secondaires qui trouveront
toujours acquéreur, que des produits de premier ordre qui
seront servilement copiés pour servir de modèle à de grossières
contrefaçons qui trouveront de nombreux preneurs.
Les temps sont passés où une partie de nos clients
sud-américains achetaient de confiance les yeux fermés;
une grande évolution s’est produite. La population est
devenue plus dense, plus instruite, et les besoins de la
population moyenne ont augmenté ; mais il faut tenir
compte de la modicité des ressources. La clientèle de ces
pays est plus que jamais pour l’article bon marché, pour
l’article de qualité moyenne qu’on peut renouveler deux
fois la même année. Les gens riches et de goût étant partout
la minorité, cette clientèle peut toujours être satisfaite.
Nous négligeons pour ceux-là la masse des consommateurs
du Pérou et du Chili dont les besoins augmentent
journellement et avec laquelle on peut faire un grand
chiffre d’affaires, mais il ne faut pas chercher à leu»