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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
à ces secousses, et il arrive fréquemment que nombre
d’entre eux ne se laissent pas entraîner hors de leurs lits
par les cris qui partout sèment la panique.
Lesrégions du Pérou où ces phénomènes se manifestent
le plus souvent sont la Costa et quelques parties de la
Sierra; la Montana est peu exposée à ces convulsions de
l’écorce terrestre.
Les secousses se produisent le plus généralement à
la fin ou au commencement du jour, aux changements de
saison. Sur la Costa, on peut reconnaître l’imminence
d’un mouvement sismique, lorsque depuis plusieurs jours
ou plusieurs heures parfois, l’atmosphère est lourde et
accablante; le ciel apparaît à l’horizon rouge vers le
nord-ouest, comme chargé d’orage et d’électricité qui ne
trouve pas où se répandre, puis, tout à coup, la terre
éprouve une secousse soudaine, plus ou moins forte. Ces
secousses sont parfois, mais pas toujours, accompagnées
de bruits souterrains.
Dans la province Argentine de la Rioja, où les tremble
ments de terre sont très fréquents, ces symptômes nous
trompaient rarement, et ils étaient en tout point iden
tiques à ceux que nous avons observés sur la Costa péru
vienne (1).
A Lima, les habitants ne s’inquiètent guère des trem-
(1) Les terremotos (tremblements de terre) dégénérant en catastrophe
sont heureusement des plus rares. Nous étions à la Rioja (République-
Argentine) lorsque la ville et la province de ce nom furent ravagées par
une série de secousses formidables ; 72 furent enregistrées le même jour
dans la région. 11 est difficile de dépeindre l’angoisse, le, trouble et les
impressions que l’on ressent alors : le sol tremble et oscille dans des
convulsions épouvantables, comme le navire ballotté par les vagues
dune mer en furie ; on entend le bruit sourd de détonations souterraines;
des crevasses s ouvrent dans le sol et vomissent des vapeurs de soufre,
des cendres, de la boue. Nous avons compté, près de Jaguël, plus de 30
de çes crevasses dans l’espace de deux kilomètres.