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DE L’ADRIATIQUE AU DANUBE. MIß
de satrapes d Orient. Je priai M. L... d en marchander une pour moi. li
l’obtint à un prix dérisoire : 40 francs! Les broderies seules, tout en cuir
découpé, ont demandé à un habile ouvrier plus de six jours de travail.
Nous nous arrêtâmes aussi devant des étalages de poteries étranges,
d’une forme grossière et primitive. Les fleurs peintes sur la vaisselle, sur
les bahuts, ou brodées sur les blagues à tabac et les pelisses, sont les
mêmes que celles qu’on trouve chez les peuplades des steppes de l’Asie.
L’industrie indigène semble être restée ce qu’elle était après la conquête,
alors que les Magyars vivaient encore sous leurs tentes; mais ce fait s’ex-
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Le quartier des fruits et des légumes.
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plique dans un pays où le paysan est encore lui-même son propre architecte,
son propre menuisier et son propre charron, où sa femme tisse la toile
et le drap, confectionne la plupart des vêtements, prépare le savon et
la chandelle du ménage, et où il n’y a pas de besoins, ni de luxe, ni de
confort.
Traversons cette cohue de charrettes, de limonières, de gros et pesants
chariots attelés de bœufs ; passons entre ces véhicules qui ressemblent à la
téléga russe, nous déboucherons dans le quartier des fruits et des légumes.
Les vendeurs et les vendeuses se tiennent en plein soleil, derrière des
entassements de melons d’un vert luisant à l’extérieur, d’un rouge san
glant au dedans. Ce sont des melons d’eau, d’une saveur plus rafraîchis
sante que la pastèque du Midi, et bien plus gros. Les ananas ne sont pas
aussi délicieux que ces fruits parfumés, qui se fondent dans la boucln.
comme un sorbet. Les paysans hongrois mangent à leur repas un de ce.->
WÊÊtà111