Full text : La Hongrie de l'Adriatique au Danube

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LA  HONGRIE

fond  des  forêts  qu’ils  habitent.  Ces  Tziganes,  de  haute  taille,  ont  les  traits
réguliers,  énergiques,  et  leur  physionomie  est  empreinte  d’une  gravité
sévère  qui  rappelle  les  figures  de  la  Bible.  Les  robes  claires,  jaunes,  vertes,
rouges,  des  paysannes  catholiques  formaient  des  oppositions  de  couleurs

nistes  de  Rinya-Szens-Kiraly  ;  ces  paysannes  se  voilent  le  front  et  le  menton,

leurs  dents  et  l’éclat  de  leurs  beaux  yeux.
Un  champ  de  foire  hongrois  se  divise,  comme  une  ville,  en  plusieurs

vent.  Dans  des  pots  de  grès  noir,  placés  sur  des  trépieds,  cuisent  des
mélanges  gris  d’os  et  de  chairs  qui  font  rêver  de  ragoûts  de  sorcières  ou

plat  ventre,  souffle  sur  un  feu  récalcitrant,  tandis  qu’un  autre  gamin,
également  sale  et  déguenillé,  tourne  lentement,  sous  la  surveillance  d’une
vieille  appuyée  sur  un  long  bâton,  un  jeune  agneau  ou  un  porc  tué  dans  la

vent,  assis  par  terre  à  la  mode  tartare,  autour  d’un  tonneau  de  vin  posé
sur  un  chevalet,  et  que  des  branches  d’arbres  garantissent  contre  le  soleil.
Puis  ce  sont  des  cabanes  de  feuillage,  guinguettes  rustiques  retentissantes
déjà  de  gaies  chansons  bachiques.
En  tournant  à  gauche,  nous  entrons  dans  le  quartier  des  fourrures,  des
dolmans,  des  pelisses,  des  vêtements  confectionnés,  des  marchands  de
pipes,  de  vaisselle,  de  bottes,  de  chapeaux,  de  bonnets  en  peau  de  mouton, ­
  et  des  marchands  de  toile  et  de  mauvaises  indiennes  et  percales  allemandes. ­
  Les  pelisses  historiées,  à  broderies  rouges  et  jaunes  sur  fond
blanc,  ressemblent,  sons  la  chaude  lumière,  à  des  vêtements  de  mages  ou

charmantes  avec  le  costume  blanc  et  oriental  que  portent  les  femmes  calvidc ­

  manière  à  ne  laisser  voir  que  la  pourpre  de  leurs  lèvres,  la  blancheur  de

quartiers.  Traversons  d’abord  celui  des  cuisines  et  des  auberges  en  plein

Jeune  Slovaque.

d  anthropophages.  Ici,  un  petit  garçon  à  demi  nu,  couché  dans  la  bouc  a

force  et  la  beauté  de  l’âge,  et  embroché  à  un  épieu.  Là,  des  hommes  boi-
            
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